Abbel : « Sans le parrainage, je n’en serais pas là aujourd’hui »

Du 2 au 19 octobre 2015, nous accueillons en France Abbel, ancien enfant parrainé d’Haïti. Il témoignera de l’importance que le parrainage a eu dans sa vie. En attendant, nous vous proposons cet extrait d’interview, dont l’intégralité se trouve dans le prochain SEL Informations.

SEL : A quel âge as-tu été parrainé la première fois et comment as-tu vécu cette nouvelle ?

Abbel : J’avais entre 9 et 10 ans. Ma mère a entendu parler de Compassion International (partenaire du SEL dans le cadre du parrainage d’enfants) pour la première fois au marché où elle allait souvent vendre ses produits. J’ai d’abord été inscrit au centre d’accueil puis j’ai reçu ma première lettre. C’était un grand moment de joie pour moi et pour toute ma famille. Mon frère a été parrainé au même moment. (ndlr : Il est possible que des frères et sœurs soient parrainés en même temps en cas de grande pauvreté mais cela reste exceptionnel).

Qu’est-ce que le programme prenait en charge dans ton cas ?

Le plus gros avantage matériel pour nous était la prise en charge des frais de scolarité.
Pour une famille pauvre en Haïti, ce n’est pas possible de faire face aux frais d’écolage pour cinq enfants. Etant donné que nous étions deux à bénéficier de ce parrainage, cela soulageait
amplement mes parents qui ne disposaient pas d’un emploi réel. Nous recevions des uniformes, des fournitures scolaires et de la nourriture.

Si tu n’avais pas été parrainé, comment serait aujourd’hui ta vie ?

Dieu seul sait comment je serais aujourd’hui sans ce parrainage qui était venu comme de la pluie sur une terre desséchée !
Je serais peut-être comme beaucoup de mes amis d’enfance incarcérés ou morts suite à leur implication dans des actes de banditisme et des actions louches
au niveau de la communauté. Comme beaucoup de ceux qui ont grandi avec moi, j’aurais peut-être fait partie d’un gang pour pouvoir subvenir à mes besoins.

Comment le fait d’avoir un parrain était-il un soutien dans ton éducation ?

Cela m’a grandement aidé ! Mon parrain échangeait régulièrement avec moi des lettres et des photos. Ce qui me rapprochait des autres membres de sa famille Il me parlait de tous les évènements de sa vie, puisque j’étais comme un membre de la famille. J’ai eu l’occasion, à plusieurs reprises, de le rencontrer avec sa famille.
Et quand je les voyais physiquement pour la première fois, il m’était facile de mettre un nom sur chacun des visages. Il y a une lettre qui m’a beaucoup encouragé. Dans cette correspondance, mon parrain disait : « Abbel, Dieu a besoin de gens comme toi ! » Il m’a dit que j’étais intelligent, alors que moi je ne me voyais pas comme ça !

Le mot de la fin ?

Il ne faut pas oublier qu’il y a un effet multiplicateur puissant quand vous parrainez un enfant. Pour avoir été moi-même un enfant parrainé, j’ai pu avec ce que je gagne soutenir les études de mes deux petites sœurs. Je suis également parrain de deux enfants : un en Haïti et l’autre en Colombie ! Et je ne suis pas un cas isolé !

Abbel viendra nous raconter son histoire et nous présenter les enjeux du parrainage, en particulier pour Haïti. Vous aurez l’occasion de le retrouver à Paris, Rennes, Lyon, Montbéliard, lors de cultes, de soirées Pulse et de rencontres d’églises.
Pour vous tenir informés, il suffit de nous suivre sur Facebook, Twitter ou d’aller sur notre site pour retrouver l’intégralité des dates.

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