Idée reçue n°42 – « L’accord de la COP21 va sauver la planète. »

Chaque semaine, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas !

Tout au long de l’année, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas ! Chaque jeudi matin, retrouvez ici cette chronique radio réalisée en collaboration avec Radio Arc-en-Ciel.

Cliquez sur le bouton de lecture ci-dessous pour écouter la chronique de la semaine :

Gwladys (Radio Arc-en-Ciel) : La COP21 a fait beaucoup de bruit tout au long de l’année 2015. Mais qu’est-ce que signifie ce sigle pour commencer ?

Nicolas (SEL) : La COP21 a eu lieu début décembre 2015 au Bourget en France. Le sigle de COP est un acronyme pour Conférence des parties, Conference of Parties en anglais (C.O.P). Il s’agit de la rencontre des participants à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Et comme il s’agit de la 21e édition, on y accole tout simplement ce numéro. Ce qui donne COP21. Rien à voir avec le XXIe siècle ou autre chose de ce type.

Les médias ont parfois résumé l’événement comme ayant pour enjeu de sauver la planète. Que penser de cette présentation ?

La rencontre avait pour objectif d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat pour faire face aux enjeux actuels et futurs soulevés par les changements climatiques. Dire que le défi est de sauver la planète relève peut-être plus du traitement médiatique de ce type de sujet. Pour autant, il est vrai que les changements climatiques et la réponse qu’on y apporte interrogent d’une certaine façon l’avenir de la planète sur laquelle nous vivons.

L’Accord de Paris qui résulte de la COP21 est-il aussi historique qu’on a pu l’entendre ?

Politiquement oui, l’Accord de Paris peut être qualifié d’historique et cela même avant son application. Il est le résultat d’un véritable succès en matière de diplomatie puisqu’en effet, pour la première fois, on a un accord universel sur le climat au travers duquel les 195 pays signataires – plus l’Union européenne – s’engagent dans la lutte contre les changements climatiques. Auparavant, seul le Protocole de Kyoto pouvait prétendre à une certaine représentativité mais celui-ci n’imposait finalement des réductions d’émissions de gaz à effet de serre qu’aux seuls pays industrialisés.

L’accord élaboré en décembre dernier à Paris est-il suffisant pour faire face aux enjeux des changements climatiques ?

Non. Si la volonté est dans le texte, sur le plan scientifique l’accord reste insuffisant. Quand bien même chaque pays tiendrait les promesses qu’il a faite, on ne pourrait empêcher la température d’augmenter de 2,7°C d’ici à 2100. Or, l’objectif est de limiter cette hausse à 2° voire même 1,5°. Une plus grande mobilisation est donc nécessaire et c’est la raison pour laquelle le texte prévoit à partir de 2025 une révision tous les cinq ans des plans nationaux de réduction des gaz à effet de serre. L’Accord de Paris est une première étape nécessaire mais qui doit en appeler d’autres !

Certaines personnes critiquent cet accord en mettant en avant qu’il n’est pas contraignant. Est-ce vrai ?

La nature contraignante de l’Accord de Paris peut être effectivement relativisée puisqu’il n’y a aucune institution ni sanction qui soit mise en place par les textes pour pénaliser les pays qui ne respecteraient pas leurs engagements. A la différence de la COP15 de Copenhague, on est dans une logique « du bas vers le haut » ici. Il ne s’agit plus de tenter d’imposer des contraintes aux États mais de les engager à agir sur une base volontaire.

Qu’est-ce qui va pousser les États au respect de leurs engagements ?

L’accord s’oriente vers un « cadre de transparence » dont l’objectif est de mettre en jeu la réputation des pays vis-à-vis de leurs pairs et de leur opinion publique. Si un tel fonctionnement n’est pas assuré de réussir, il est néanmoins évident que l’Accord de Paris se serait soldé par un échec patent s’il avait poursuivi dans une logique de sanctions. Il a alors fallu opter pour un mécanisme de suivi différent mais qui peut peut-être réussir. C’était le prix à payer pour aboutir à une adoption unanime du texte !

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