Quand de petits gestes sauvent des vies !

Nathan, médecin, est chargé de projets avec le CEPROMOR, un partenaire du SEL en République Démocratique du Congo. Il nous explique l’impact positif du changement de comportement dans les communautés…

SEL : Dans les régions où le CEPROMOR (Centre de Promotion pour le Monde Rural) travaille, quels sont les problèmes rencontrés par les communautés par rapport à l’accès à l’eau et à l’hygiène ?

Nathan : Nous constatons qu’il y a un sérieux problème par rapport à l’accès à l’eau, à l’approvisionnement du ménage (transport et conservation de l’eau) et aux pratiques d’hygiène.

Dans la plupart des villages, la défécation à l’air libre est pratiquée, il n’y a pas de source d’eau potable à proximité, les gens ne se lavent pas les mains, ils ne gèrent pas bien leurs déchets…

Vous avez donc mis en place le système des PAFI…

Nathan : Oui, tout à fait. Quand nous travaillons avec un village, il y a une partie Aménagement d’ouvrage et une partie Sensibilisation, où interviennent les PAFI : Petites Actions Faisables Importantes. Ce sont de petites actions que les gens peuvent faire sans que ça demande beaucoup mais qui sont très importantes par rapport à la conservation de l’eau.

Couvrir son bidon ou le mettre sur une table et non par terre, ce sont des actions pertinentes qui ne nécessitent pas grand effort mais que les gens ne font pas. Avant nos actions de sensibilisation, les gens transportaient l’eau en mettant quelques feuilles dessus pour la protéger mais ce n’est pas suffisant.

Avec le CEPROMOR, nous aménageons la source avec la communauté, nous mettons en place un comité de gestion et déclenchons l’ATPC (Assainissement Totalement Piloté par la Communauté).

Justement, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste l’ATPC ?

Nathan : L’ATPC est une approche participative, qui consiste à impliquer la communauté. Nous ne faisons qu’accompagner le déclenchement de l’assainissement.

Nous encourageons donc des activités simples comme construire une latrine chez soi, avec des matériaux locaux. Nous leur montrons comment faire, comment construire un dispositif lave-mains. Nous leur enseignons à creuser des trous à ordure ou fabriquer un compost pour nettoyer le village. Les villageois sont super, ils s’y connaissent déjà. La seule chose, c’est de les animer.

Comment les communautés réagissent-elles et s’approprient-elles l’ATPC ?

Nathan : Ce n’est pas toujours facile parce que c’est un nouveau mode de vie qu’on propose à la communauté.

Venir et dire : « Vous devez améliorer ceci ou cela » ça ne marche pas et braque la communauté. C’est en l’accompagnant dans la réflexion que la communauté se rendra compte elle-même du problème. Elle proposera des solutions et commencera à nettoyer.

Sur le long terme, quels résultats pouvez-vous constater ?

Nathan : L’assainissement, c’est réel et visible. Quand on arrive dans un village, on voit directement qu’il est assaini. Les parcelles sont nettoyées et quand on passe derrière la maison, il y a une latrine, un dispositif lave-mains, un trou à ordure. En discutant avec les gens, on sent vraiment le changement.

Mais la réduction des maladies liées à l’eau et du taux de malnutrition est le résultat le plus parlant. Grâce aux rapports des centres de santé, nous constatons une réelle amélioration.

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