Des toilettes pour elles !

Pas de toilettes, pas d’école. C’est, une semaine par mois, la réalité de nombreuses filles dans le monde. Oui, pas facile d’avoir ses règles, quand il n’y a pas de latrines. En cette Journée Mondiale des Toilettes, c’est l’occasion de lever le tabou.

« Les toilettes, parlons-en ! »

Imaginez soulever la question autour d’un dîner entre amis. Sûrement pas ? C’est pourtant dans ce contexte que j’ai entendu parler, pour la première fois, de l’impact du manque de latrines sur les adolescentes. Naïve, je n’avais jamais considéré la chance que j’avais d’avoir accès à des toilettes, propres, privées, quel que soit le lieu où je sois. Car, en effet, ce luxe n’est pas accordé à tout le monde. Aujourd’hui, 2,4 milliards de personnes n’ont pas accès à des installations sanitaires. Parmi elles, 946 millions font toujours leurs besoins à l’air libre. Alors, oui :

« les toilettes, parlons-en ».

Disposer de latrines n’est pas seulement une question d’hygiène ou de santé, c’est aussi une question de dignité. Sans latrines, beaucoup attendent la tombée de la nuit pour pouvoir se soulager discrètement. Cela les expose, notamment les femmes, au regard, les rendant vulnérables et sujettes aux agressions sexuelles ou aux viols.
Le manque de latrines soulève également une autre question, un peu tabou : comment font les femmes et adolescentes quand elles ont leurs règles ? Plus précisément, comment une femme peut, pendant ses menstruations, gérer son quotidien normalement si elle n’a ni toilettes privées, ni point d’eau propre, ni matériel adéquat à disposition pour se changer ? Un élément de réponse nous est donné par Rachel Blackman, dans la revue Pas à pas :

« les adolescentes ne vont habituellement pas à l’école s’il n’y a pas de latrines ou s’il n’y a pas de latrines séparées, surtout pendant la menstruation. »

Quel constat effarant : cela signifie, qu’une semaine par mois, 12 semaines par an, les adolescentes n’ont d’autre choix que de louper l’école plutôt que d’y aller pendant leurs règles. Les études sur le sujet ont montré que le manque d’information et d’équipements adaptés (eau propre, savon, latrines privées, etc.) provoque chez les adolescentes absentéisme, honte, embarras, déconcentration… Tout cela pourrait être facilement évité.

Lever le tabou est essentiel.

Informer les adolescentes, sensibiliser le personnel éducatif, installer latrines et points d’eau, mettre à disposition du matériel hygiénique sont autant de moyens possibles pour offrir à ces jeunes femmes la possibilité de vivre leur féminité tout en étant éduquées.
Dans plusieurs pays d’Afrique, le SEL soutient des projets Eau et Assainissement. Nos partenaires tentent d’apporter une réponse au problème du manque d’installations sanitaires en construisant des latrines dans les écoles. Cela change la vie de nombreuses personnes.

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One comment

  • Bonsoir, et merci pour cette information: effectivement on n’imagine pas ce problème, nous qui profitions d’un confort quotidien! C’est une œuvre fondamentale que de construire des sanitaires: bravo.
    et c’est bien plus que « donner un verre d’eau » à un petit, et c’est plus courageux, donc que Dieu vous bénisse abondamment.

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