Faire de l’agriculture dans un désert : pari relevé !

Henri Girard, au travers de l’Association chrétienne Zoramb Naagtaaba (AZN), a fait le pari de trouver des techniques d’agriculture permettant des récoltes même dans les milieux désertiques. Le projet de la ferme pilote de Guiè au Bukina Faso, financé par le SEL depuis plusieurs années, a été initié dans ce but. Découvrez, au long de cet article, comment le rêve de faire reverdir un désert peut devenir réalité.

désert agriculture Guiè

Au Burkina Faso, les conditions climatiques rendent la tâche difficile aux agriculteurs burkinabés : faire pousser des cultures avec de bons rendements est un défi ! En effet, le climat est caractérisé par deux saisons très contrastées :

  • La saison des pluies, durant laquelle tombent des pluies parfois irrégulières.
  • La saison sèche durant laquelle souffle l’« harmattan », un vent chaud venant du Sahara.

Pour nombre d’agriculteurs, il faut alors faire face à des semaines de pénuries alimentaires en attente de la prochaine saison agricole… en espérant qu’elle leur soit plus favorable !

Une initiative innovante

Et pourtant, faire de l’agriculture dans ces conditions, c’est le pari qu’a décidé de relever Henri Girard, au travers de l’Association chrétienne Zoramb Naagtaaba (AZN), partenaire du SEL. Pour relever ce défi, la première étape a été de créer et de faire fonctionner une ferme dans le village de Guiè. Son objectif ? Être pilote dans le développement de l’agriculture selon le concept de « bocage sahélien ».

Mais c’est quoi un bocage sahélien ?

Un bocage, c’est un paysage rural composé de divers champs agricoles délimités par des haies et bordés de chemins. Le bocage sahélien est donc l’adaptation de ce concept au contexte particulier du Sahel.
Le SEL a cru en ce projet c’est pourquoi il soutient l’AZN depuis plus de quinze ans. Pour créer le bocage sahélien et restaurer les terres agricoles, l’AZN a mis en place plusieurs actions telles que :

  • L’aménagement d’un ensemble de parcelles cultivées en fonction de la pente naturelle du terrain : cela limite l’érosion des sols et conserve au maximum l’eau des pluies dans le sol.
  • La délimitation d’un périmètre par une clôture et une haie « vive », c’est-à-dire composée d’arbres et arbustes vivants.

Faire reculer le désert, c’est possible !

Grâce aux actions de délimitation et d’aménagement, une zone protégée est créée : les végétaux peuvent se développer sans risque d’être mangés par des troupeaux en divagation. Tout cela permet le développement de la biodiversité et la restauration du sol. Et le rendement des cultures s’en trouve nettement amélioré !
Ces méthodes, associées à des techniques de cultures respectueuses de l’environnement, ont permis à la Ferme Pilote de Guiè de peu à peu restaurer les terres agricoles qui étaient considérées comme désertiques. Oui, le désert recule !

Harmony Koechlin – Chargée des projets Agriculture au SEL

Retrouvez le parcours d’Henri Girard et plus d’informations sur le bocage sahélien qu’il a mis en place dans « Wégoubri, un bocage au Sahel », le livre de Frédéric Baudin (Éditions CEM)

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