La femme de Proverbes 31 et les femmes du Sud aujourd’hui [2/3]

La Bible n’aborde pas directement la thématique contemporaine du rôle des femmes dans le développement, mais le portrait de la femme de Proverbes 31 peut stimuler notre réflexion et faire évoluer notre regard.

2. La femme idéale et la gestion des biens

La femme idéale de l’antiquité ne se cantonnait pas à la cuisine ou à son atelier de tissage, tout au moins quand elle en avait les moyens financiers. Elle se lançait également dans le monde des affaires !

La première qualité de cette femme, nous l’avons vu, est d’être économe, au sens premier du terme : elle ne gaspille pas les biens dont elle est responsable. Elle n’est pas non plus avare, elle sait se montrer généreuse et ne refuse pas d’habiller convenablement sa famille. Mais elle sait aussi gagner l’argent nécessaire pour accroître le bien-être des siens comme des indigents qu’elle secourt. Comment s’y prend-elle ? Elle travaille ! Le poème souligne en effet, à plusieurs reprises, que cette femme vertueuse ne s’accorde, pour ainsi dire, aucun repos. Infatigable, elle est à l’ouvrage du matin au soir (sauf le samedi, jour du sabbat, bien sûr !).
Quand elle ne prépare pas le repas familial, elle tisse des vêtements. Elle ne se contente pas de vêtir la famille, mais elle confectionne d’autres habits qu’elle va vendre sur le marché. Avec le gain de son commerce, elle investit, achète de la laine et du lin et accroît encore son bénéfice en vendant les « produits finis ». Elle est en mesure bientôt d’acheter un champ, elle négocie la transaction ; puis elle donne l’ordre à ses serviteurs de planter une vigne dans ce champ. Cette femme se montre entreprenante, confiante en l’avenir (que Dieu tient dans sa main), sa maison prospère. La nuit même, elle continue de travailler à la lueur d’une lampe à huile (v. 18). Fait-elle ses comptes ? Le contexte de ce verset nous invite à le penser : « Elle constate que ses affaires vont bien… » !

L’auteur du poème ajoute que « sa peine est récompensée, son travail suscite le respect de la ville ». L’activité de la femme vertueuse est donc reconnue au-delà de sa famille, elle a une portée sociale.

Texte écrit par Frédéric Baudin

Extrait du dossier « Le Sud a besoin des femmes » disponible sur le site du SEL. 

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