Idée reçue n°24 – « On va bientôt manquer de pétrole. »

Chaque semaine, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas !

Tout au long de l’année, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas ! Chaque jeudi matin, retrouvez ici cette chronique radio réalisée en collaboration avec Radio Arc-en-Ciel.

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La fin du pétrole. C’est un discours que l’on entend depuis longtemps et qui est bien ancré maintenant. Mais finalement sur quoi s’appuie-t-il réellement ?

La fin du pétrole, c’est effectivement quelque chose que l’on annonce de manière récurrente depuis quelques temps maintenant. Déjà en 1973, on prédisait seulement trente ans de consommation devant nous. Pour autant, on peut donc s’apercevoir que de nombreuses prévisions alarmistes ont pu être démenties par les faits. Il faut alors être prudent sur cette question. Dernièrement, en 2011, un rapport de la banque HSBC s’était penché sur le sujet et il indiquait qu’il ne restait plus que 49 ans de réserves pétrolières.

Pourquoi finalement est-ce que l’on viendrait à manquer de pétrole ? Et pourquoi aussi rapidement ?

Le pétrole, tout comme le gaz, est le résultat de la décomposition et de la transformation de matières organiques sur plusieurs millions d’années. Il s’agit donc de toute évidence d’une ressource non renouvelable et ses quantités sont, par nature, limitées. Parallèlement, la demande mondiale de pétrole n’a jamais cessé d’augmenter : la consommation s’est certes stabilisée dans les pays industrialisés après les chocs pétroliers des années 1970 mais, depuis, ce sont les économies émergentes qui ont pris le relais.

Le monde va-t-il être bientôt contraint de se passer du pétrole ?

Évidemment, les réserves pétrolières finiront bien un jour par s’épuiser. Mais plus tard que ce que l’on croit généralement. Deux facteurs peuvent jouer un rôle à ce niveau. Le premier, c’est la découverte de nouveaux gisements. La planète a déjà été bien sondée. On ne risque pas d’avoir beaucoup de surprises à ce niveau. Mais la fonte prochaine de la banquise autorise de nouvelles ambitions dans l’Arctique. Le second facteur est quant à lui lié au progrès technologique qui peut, comme par le passé, permettre d’exploiter des gisements sur lesquels on n’est pas capable d’intervenir aujourd’hui.

L’appréciation de ces réserves pétrolières ne peut donc qu’être approximative.

Oui. L’être humain est limité dans sa connaissance des réserves pétrolières existantes sur la planète. A cela, s’ajoute aussi une difficulté de calcul liée au fait que les statistiques des réserves ne sont pas de simples données scientifiques. Elles possèdent une véritable valeur commerciale voire politique. Dans les pays où les ressources sont sous le contrôle exclusif des compagnies d’État, celles-ci sont totalement libres de déclarer ce qu’elles veulent, sans expertise indépendante et sans avoir de sanction en cas de fausse déclaration. Les compagnies privées elles aussi peuvent être tentées de surévaluer leurs réserves car ça peut avoir une influence sur leur valeur en bourse.

Est-ce que cela signifie que l’utilisation du pétrole est faite pour durer encore longtemps ?

Pas nécessairement. Les choix énergétiques ne sont pas seulement technologiques, ils sont avant tout politiques. Or, pomper comme utiliser du pétrole a un effet négatif sur l’environnement. C’est ainsi que des études annoncent que si l’on veut éviter d’aggraver le réchauffement de la planète il faudrait laisser inexploité un tiers des réserves de pétrole. Ne pas manquer de ressources fossiles dans l’immédiat ne doit pas nous empêcher de préparer la suite pour autant.

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