L’Homme est-il le principal responsable des changements climatiques ? [2/4]

Le sujet des changements climatiques passionne autant qu’il divise. Voici 4 articles pour présenter le débat et son intérêt à quelques jours de la COP21 !

L’année 2015 a été placée sous le signe du climat et de l’environnement avec en point d’orgue la COP21 qui se tient à Paris du 30 novembre au 11 décembre. À travers cette série de quatre articles, nous allons essayer de présenter brièvement l’état des débats sur la question des changements climatiques et de montrer en quoi il est nécessaire de s’y intéresser quand on est engagé dans la lutte contre la pauvreté.

[Article précédent : « 1- Constate-t-on réellement des changements climatiques importants ? »]

2- L’Homme est-il le principal responsable des changements climatiques ?

Si sur les grandes lignes tout le monde est d’accord pour reconnaître l’existence de changements climatiques de long terme, c’est actuellement sur ce qui en est la cause que se porte le principal débat et que se forment véritablement les lignes de fracture. Pour les climato-sceptiques en effet, l’influence des émissions anthropiques de CO2[1] a été exagérée et le facteur humain devrait en conséquence être relativisé. Selon eux, le réchauffement climatique s’expliquerait davantage par des variations naturelles comme celles du soleil. Seulement, s’il est vrai que les éléments naturels ont pu expliquer certains changements de température constatés par le passé, il semblerait que l’activité du soleil ait eu tendance à diminuer durant les 35 dernières années au cours desquelles le climat s’est réchauffé.

Des expériences menées en laboratoire ainsi que des mesures satellitaires laissent alors à penser que les changements constatés depuis 1950 relèvent principalement des activités humaines. Pour un organisme comme le GIEC, il est « extrêmement probable » (95 %)[2] que l’influence de l’homme soit la cause principale (plus de la moitié) du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Cela étant dit, il reste toujours délicat de quantifier la part exacte de ce qui relève de l’activité humaine dans les changements climatiques actuels.

Les académies des sciences de 19 pays ainsi que de nombreuses organisations scientifiques étudiant les sciences du climat ont également conclu à la responsabilité prépondérante de l’homme dans le réchauffement climatique. D’ailleurs, une très large majorité des scientifiques adhère à cette position[3]. Pour autant, il ne serait pas totalement correct de parler de consensus car ce serait faire abstraction des quelques climato-sceptiques qui font valoir qu’en science la majorité n’est pas nécessairement une preuve de la vérité.

[Suite : « 3- Quelles sont les conséquences des changements climatiques ? »]


[1] Comme les vitres d’une serre, l’atmosphère piège une partie de la chaleur terrestre ce qui tend à réchauffer la planète. Sans cet « effet de serre » naturel, la température moyenne sur la Terre serait de -18°C au lieu de 15°C. Seulement, les activités humaines produisent en grande quantité certains gaz (gaz carbonique : CO2, méthane : CH4…) qui auraient alors pour conséquence de participer au réchauffement climatique.
[2] Le niveau de certitude du GIEC sur l’impact de l’homme sur le réchauffement climatique a augmenté : il était jugé très probable (90 %) lors du rapport de 2007 et seulement probable (66 %) lors du rapport de 2001.
[3] Plusieurs études ont cherché à analyser le positionnement de la communauté scientifique sur la question du réchauffement climatique. Toutes sont arrivées à la même conclusion : la très grande majorité des scientifiques actifs sur le sujet du climat attribue en grande partie le réchauffement climatique des 50 dernières années à l’activité humaine. La dernière étude de 2013 conclue que 97,1 % des articles qui prennent position sur les causes du réchauffement climatique appuient l’idée selon laquelle ce réchauffement est attribuable à l’activité humaine.

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