Jésus était-il pauvre ?

Plusieurs interprétations ont été avancées sur le niveau de vie de Jésus. Elles ont abouti à différents comportements de la part des croyants !

La question du niveau de vie de Jésus peut paraître à certains superficielle. Pourtant, à partir du moment où le Messie est un modèle à suivre pour les chrétiens, plusieurs interprétations ont été avancées sur le sujet et ont abouti à des comportements différents chez les croyants. C’est ainsi que l’on retrouve aux deux extrêmes : d’un côté, des adeptes d’une pauvreté volontaire, et de l’autre, des partisans de la théologie de la prospérité. Mais qu’en est-il vraiment ?

Des interprétations erronées et contradictoires

Les textes bibliques sont souvent l’objet d’interprétations différenciées et ils se trouvent parfois malmenés pour défendre des positions pour le moins antagonistes. C’est ainsi que certaines personnes défendent l’idée d’un Jésus riche en soulignant que Marie et Joseph ont cherché à se loger dans un « hôtel » en arrivant à Bethléem (Luc 2.7). Le lieu en question ne semble pourtant pas vraiment correspondre au type d’hébergement que l’on peut avoir à l’esprit aujourd’hui. A l’inverse, des croyants argumentent que Jésus « s’est fait pauvre alors qu’il était riche » (2 Corinthiens 8.9), négligeant que ce verset évoque bien plus son incarnation qu’un quelconque dénuement matériel. Il peut alors être pertinent de revenir aux données bibliques…

Une famille sans trop de moyens

Une fois la période de purification passée, Joseph et Marie se rendirent à Jérusalem pour présenter Jésus et effectuer le sacrifice prescrit par la loi de Moïse. Contrairement à l’usage, ils ne sacrifièrent pas un « un agneau d’un an pour l’holocauste et un jeune pigeon ou une tourterelle pour le sacrifice d’expiation » (Lévitique 12.6-8). A la place, ils offrirent le sacrifice réservé aux personnes qui n’en avaient pas les moyens : « un couple de tourterelles ou deux jeunes pigeons » (Luc 2.24). Cet événement laisse alors penser que la famille de Jésus n’avait pas beaucoup de ressources.

Une situation sociale néanmoins convenable

Jésus exerçait le métier de charpentier (Marc 6.3) comme son père (Matthieu 13.55). À l’époque, la situation des artisans n’était pas forcément florissante mais elle était convenable. Ils ne faisaient pas partie des personnes en marge de la société comme les malades, les ouvriers journaliers ou les veuves isolées. Selon Martin Hengel, « Jésus n’était ni un membre du prolétariat des journaliers ni un métayer. Il appartenait à la classe moyenne galiléenne des ouvriers spécialisés. »[1]

Un ministère itinérant sans faste

Dans l’un de ses ouvrages, John Stott rappelle que « durant son ministère public de prédicateur itinérant, Jésus n’a pas eu de maison et il n’a possédé que peu de biens »[2]. L’opulence ne semble pas avoir caractérisé ses années sur terre. Alors qu’un spécialiste de la loi déclare vouloir le suivre, le Messie lui répond d’ailleurs que « les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel ont des nids, mais le Fils de l’homme n’a pas un endroit où il puisse reposer sa tête » (Matthieu 8.20). Dès lors, il apparaît difficile d’affirmer que « la richesse de Jésus est évidente »[3] quand bien même il a reçu des cadeaux de valeur à sa naissance ou que les soldats romains ont tiré au sort sa tunique à sa mort.

Une vie simple mais pas misérable

Jésus et ses disciples partageaient une « bourse commune » (Jean 12.6) et plusieurs femmes les suivaient et les assistaient de leurs biens (Luc 8.3). Ils n’étaient donc pas sans ressource. Ni fortuné, ni miséreux, Jésus donne plutôt l’exemple d’une vie menée avec simplicité. S’il n’avait pas grand-chose, il ne semble avoir manqué de rien. S’il n’était pas sans le sou, il n’a pas non plus cherché à amasser un trésor sur terre !

Pour continuer la réflexion : Au fait, la pauvreté : qu’en dit la Bible ?

 


[1] Cité dans Stott John, Le chrétien et les défis de la vie moderne, Les Éditions Sator, Volume 2, 1989, p.117.

[2] Ibid.

[3] BLAKE John, Passions over ‘prosperity gospel’: Was Jesus wealthy?, CNN, 2009.

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