Le voyage de vos lettres

Dans les pays du Nord, quelques jours suffisent pour qu’une lettre arrive jusqu’à son destinataire ; dans les pays en voie de développement, la réalité est tout autre. La livraison en un ou deux jours ouvrés n’existe pas. Et même si elle existait, son application dans le cadre des échanges entre parrain, marraine et filleul(e) serait impossible. Alors, à quoi ressemble véritablement le parcours de vos lettres jusqu’à votre filleul(e) ? C’est ce que nous vous proposons de découvrir à travers cet article.

Les lettres que vous écrivez sont porteuses d’espoir et sont donc très précieuses pour votre filleul(e) ainsi que sa communauté. Les membres du personnel des centres d’accueil en sont bien conscients, et c’est pourquoi ils traitent vos courriers avec grand soin.

Découvrons ensemble les différentes étapes du parcours de vos lettres jusqu’à votre filleul(e).

1. L’envoi : l’étape la plus simple

L’envoi du courrier est certainement l’étape la plus simple : vous écrivez une lettre à votre filleul(e) et l’envoyez. A ce stade, deux options s’offrent à vous :

  • Écrire une lettre papier que vous envoyez au SEL

OU

Dès réception des courriers, nos bénévoles relisent d’abord les lettres et surlignent les questions. Puis vient l’étape de la traduction : si les parrains écrivent en français, nos traducteurs bénévoles traduisent les lettres vers l’anglais, l’espagnol et parfois le portugais.

2. La relecture et la traduction : des étapes nécessaires

Une fois que les bureaux nationaux de Compassion reçoivent vos lettres, une équipe de personnes engagées pour la protection de l’enfance lit attentivement chaque courrier. Cette relecture, qui peut être perçue comme une intrusion dans la vie privée, est pourtant nécessaire.

Raison n°1 : la barrière de la langue

Dans le cas où les enfants ne parlent ni français, ni anglais, ni espagnol, des traducteurs prennent le relais, afin de traduire les lettres dans la langue maternelle des enfants, comme c’est le fait de Betey en Ethiopie.

“Je connais l’importance de la communication entre un parrain ou une marraine et son filleul(e), et c’est ce qui me motive le plus. Les enfants doivent pouvoir comprendre les mots de leur parrain ou marraine et vice versa. », explique Betey.

Raison n°2 : la protection de votre filleul(e) ainsi que la vôtre

L’équipe fait très attention à ce qu’aucune information interdite ne soit communiquée, telle que :

  • des adresses email personnelles
  • des numéros de téléphone
  • des profils sur les réseaux sociaux
  • des photos inappropriées ou contenus qui pourraient atteindre à la dignité de l’enfant
  • ou encore un langage inapproprié

Si les équipes des centres d’accueil prennent autant de précautions, c’est parce que de telles informations ont déjà été communiquées, dans le passé.

3. La poursuite du voyage : une étape non sans quelques obstacles

Lorlor, assise devant à gauche, est une spécialiste du développement des jeunes enfants au Ghana. Elle entreprend un voyage d’une semaine en bateau, afin de livrer les lettres des parrains et marraines à leur filleul et récupérer celles écrites par les enfants.

En général, une fois les lettres traduites et relues, elles sont étiquetées et triées afin d’être envoyées par paquets dans les régions où vivent les enfants. Elles sont ensuite distribuées dans des points relais. C’est là que les choses se compliquent ! En effet, des membres du personnel des centres d’accueil doivent parcourir de longues distances, et parfois sur des routes dangereuses, pour pouvoir les récupérer.

Wichean se prépare à livrer des lettres à des enfants parrainés en Thaïlande.

En Thaïlande, Wichean entreprend chaque semaine un dangereux voyage en mobylette, d’environ 2 heures, dans les hautes montagnes. Lorsqu’il pleut, la route est impraticable. Il doit alors faire le trajet à pied et traverser des routes inondées, des coulées de boue et autres obstacles. Malgré tous ces risques, Wichean est honoré d’accomplir cette mission.

« Ce que je fais n’est pas simplement une responsabilité, cela représente beaucoup pour les enfants, » partage Wichean. « Et le faire pour eux me remplit de joie. »

4. L’arrivée des lettres : un jour de fête

Dans la plupart des centres d’accueil, le jour où les lettres des parrains et des marraines arrivent, est un jour de fête.

Recevoir une lettre peut sembler banal. Mais, dans les petits villages comme ceux de la région de la Volta au Ghana, il est très rare de recevoir du courrier, et encore plus venant de quelqu’un à l’autre bout du monde. Alors, quand une lettre arrive, le centre organise un rassemblement et c’est un moment de réjouissance pour tout le monde.

Esinam, la directrice d’un centre de parrainage, raconte :

« Quand les enfants reçoivent des lettres, c’est toute la communauté qui se réjouit. Que quelqu’un, à l’étranger, pense à un enfant [ici] et lui écrive une lettre est une chose incroyable pour eux. »

Ecrire des lettres fait également partie du programme éducatif des enfants. Cet exercice leur permet d’apprendre à bien former les lettres avec un stylo et à construire des phrases en respectant la syntaxe de leur langue maternelle. Ecrire est également un bon exercice pour leur apprendre à communiquer.

Vous en savez plus maintenant !

A noter

Dû à la pandémie de la Covid-19, des mesures de restriction ont été instaurées dans les différents pays, entrainant un retard de livraison des lettres. Malgré cela, nous vous encourageons à continuer d’envoyer des lettres de soutien et d’espoir à votre filleul. Imaginez sa joie quand il les recevra ! Pour écrire votre prochaine lettre, rendez-vous sur le site du SEL !

Pour aller plus loin

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