L’excision : en parler peut sauver !

Pour 200 millions de femmes et de filles dans le monde, les mutilations génitales sont encore une réalité. En cette Journée Mondiale de lutte contre l’Excision, Grace nous raconte comment elle y a échappé, grâce à l’action d’un partenaire du SEL. Découvrez son témoignage !

C’est à l’âge de 8 ans que Grace¹ a été confrontée pour la première fois à la question de l’excision.

« Le soir venu, elle [sa tante] m’a appelée pour dîner », raconte Grace. « C’est ainsi qu’elle m’a retenue pour passer la nuit afin que très tôt le matin je sois dans le groupe des filles à exciser, sachant bien que mes parents détestent l’excision. »

À leur réveil, les parents de Grace, ne trouvant pas leur fille sont terriblement inquiets. Très vite, on les informe que Grace a été envoyée « à l’excision ». Fondamentalement contre cette pratique, ils se dépêchent d’aller la chercher et arrivent, heureusement, avant qu’il ne soit trop tard.

Un rite de passage

Malheureusement, l’excision est encore pratique courante dans certains pays. Quand c’est le cas, toute femme est censée passer par cette étape, de la mère à la fillette. C’est la norme. Grace témoigne :

« Cette période était encore plus dure pour nous les enfants de chrétiens car nous étions beaucoup stigmatisés […], les familles où se trouvent les filles non excisées [étaient traitées] de tous les maux. Au village, on disait que sans l’excision, nous allions avoir des problèmes de rapports sexuels, d’accouchement, de santé et d’honneur. »

Malgré cette forme de persécution, les parents de Grace l’encouragent à rester ferme, en s’appuyant sur Dieu et sa Parole, et à ne pas suivre les autres filles de son âge.

Mais la lutte persistait…

« Nous étions rejetées : aucune de nos camarades ne voulait mener une activité avec nous (nager, piler le riz, casser le bois, aller au marché, causer…). Elles prétendaient qu’il y avait maintenant une grande différence entre nous. La pression était forte. Nous ne savions pas vraiment si ne pas passer par l’excision était une bonne chose et notre curiosité de nous y engager grandissait. »

L’espoir renaît

Grace rencontre alors Marie, relais communautaire formée par l’UEESO (Union des Églises Évangéliques, Services et Œuvres), partenaire du SEL en Côte d’Ivoire. Celle-ci la sensibilise et lui explique, entre autres au moyen de dessins représentant l’appareil génital féminin, les conséquences de l’excision sur la femme.

« J’ai compris réellement pourquoi la pratique de l’excision n’est pas bonne. Depuis ce jour, je ne fais que sensibiliser mes camarades. Je les dirige vers ma tutrice pour plus d’informations et pour visualiser les images. J’ai échappé pour toujours à l’excision. Et je m’engage à lutter contre cette pratique auprès de mes paires. »

Parler peut changer des vies. Les partenaires des projets Santé du SEL l’ont bien compris et forment des relais communautaires pour sensibiliser leur entourage sur des sujets tels que le VIH/ sida, l’éducation sexuelle ou encore l’excision. Soutenir leur action c’est lutter concrètement contre la propagation de pratiques néfastes pour la santé, le bien-être et l’épanouissement de nombreuses femmes.

¹Par souci de confidentialité, tous les prénoms cités dans cet article ont été changés.

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