Comprendre la pauvreté à Madagascar

Madagascar reste l’un des pays les plus pauvres du monde, malgré les aides, leur indépendance ou l’absence de guerre civile. Alors comment expliquer cela ?

Madagascar demeure l’un des pays les plus pauvres du monde. C’est le constat que rappelle malheureusement une récente étude de la Banque mondiale intitulée « Changements de fortune et persistance de la pauvreté à Madagascar : Récentes découvertes ».

Un certain nombre d’éléments sont régulièrement avancés pour exprimer cette situation. Parmi les plus utilisés, on retrouve le classement des pays suivant l’Indicateur de développement humain. L’île de l’Océan indien y figure en 158e position (sur 188).

Peut-être plus parlant encore, la Banque mondiale estimerait qu’en 2017 près de 80 % de la population malgache vivrait sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 1,90 $ par jour et par personne. On imagine alors un peu mieux la réalité que peuvent recouvrir ces quelques chiffres et expressions.

A noter que la situation de Madagascar a ceci de particulier qu’il est l’un des rares pays à s’être appauvri depuis son indépendance. En effet, son PIB réel par habitant était en 2010 inférieur à son niveau de 1960. Seuls la République démocratique du Congo et le Libéria ont connu des évolutions plus dramatiques, mais celles-ci s’expliquent par d’importantes guerres civiles. Ce qui n’est pas le cas à Madagascar.

Comment comprendre alors cette situation ? Surtout que le pays ne manque pas de ressources, naturelles comme minières. Le fer ou le bauxite que renferment ses sous-sols ont d’ailleurs participé à lui donner le surnom d’« île rouge ».

Une instabilité politique importante.

Depuis son indépendance en 1960, Madagascar a connu plusieurs crises politiques (1972, 1992, 2002 et 2009). L’actuel président, Hery Rajaonarimampianina, a lui-même failli être destitué en mai-juin 2015. Cette instabilité gouvernementale et le problème récurrent de la corruption (Madagascar est 145e sur 176 au classement de Transparency International) n’encouragent pas les investissements et participent grandement aux difficultés économiques du pays. Certaines études montrent ainsi qu’à chaque fois qu’un décollage de la croissance s’est amorcé, une crise politique majeure est apparue et a mis un terme à la dynamique enclenchée.

Des infrastructures insuffisantes.

Pour pouvoir se développer, certains aménagements sont indispensables pour un pays. Or, nombre d’entre eux font défaut à Madagascar. Pour l’exemple, près de 80 % de sa population vit en zone rurale et une grande partie est isolée du fait du manque d’infrastructures routières. Autre élément illustrant ce point, le taux d’accès à l’électricité est de 13 % dans l’île, soit l’un des plus bas de la planète.

Des chocs climatiques sévères.

Enawo en mars 2017, Ava début janvier 2018… les cyclones ont lourdement frappé Madagascar ces derniers mois. L’île est malheureusement fortement exposée aux catastrophes naturelles (tempêtes tropicales, sécheresses…) et, au-delà des nombreux décès à déplorer, ces événements contribuent grandement à l’appauvrissement de la population par les destructions qu’ils entraînent.

Ces quelques éléments donnent ainsi un rapide aperçu des enjeux auxquels sont confrontés les Malgaches dans leur combat pour faire reculer la pauvreté. S’il s’agit ici des causes principales pouvant expliquer la situation actuelle, d’autres facteurs pourraient sûrement être aussi pris en compte. Mais les problèmes de gouvernance interne semblent en grande partie responsables des difficultés que connaît le pays.

 

Haïti aussi fait partie de ces pays pauvres dont la situation ne semble pas s’améliorer : découvrez pourquoi dans cet article. 

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