« Mon but était de devenir un grand criminel »

Wimper a échappé à une vie de gang, de violence et de désolation pour devenir étudiant universitaire, grâce au programme de parrainage en Équateur.

Tout a commencé par un jeu. Quand il était jeune, Wimper volait des bonbons ou des sacs de provisions. Adolescent, il est passé au vol à main armée.

« Mon but était de devenir un grand criminel », dit-il. « Les filles étaient seulement attirées par des gars durs et j’étais content quand les gens avaient peur de moi. J’étais assoiffé de pouvoir, de gloire et de respect. »

Une enfance au cœur de la violence

Les occasions pour se tourner vers le crime ne manquaient pas dans le quartier, Las Malvinas, où Wimper a grandi. Livré à la drogue, à la prostitution, aux guerres des gangs et à la violence domestique, ce quartier est une des communautés les plus violentes à Guayaquil, en Équateur.

Mais tout cela n’était rien par rapport à la violence quotidienne à laquelle Wimper était confronté chez lui. Il considérait son père comme son plus grand ennemi. Ce dernier, sous l’emprise de l’alcool et de la drogue, battait constamment sa mère et ses sœurs aînées. Sa haine pour lui était si profonde, qu’un jour, Wimper l’a menacé avec une arme. C’est seulement l’arrivée de sa mère qui l’a empêché de tuer son père.

« Il n’a jamais été un ami pour moi. Il ne m’a jamais pris dans ses bras », dit Wimper. « J’ai fini par lui en vouloir et le détester. J’ai alors commencé à fréquenter la rue, pour essayer d’échapper à la cruelle réalité de la maison et de la misère de ma vie. »

La puissance du parrainage

Pourtant, au milieu de sa vie familiale tumultueuse, Wimper a trouvé un endroit sûr et un havre de paix. A l’âge de 6 ans, il a été inscrit au programme de parrainage.

« Je suis allé à l’école du dimanche jusqu’à l’âge de 10 ans. La parole de Dieu a été semée dans mon cœur à partir de ce moment-là. Mais les abus de mon père, son alcoolisme et sa dépendance m’ont conduit à m’éloigner de l’Église et de Dieu », dit-il.

Confronté à une vie de pauvreté extrême, de souffrance familiale et aux abus de son père, Wimper croyait que Dieu était loin des dures réalités de sa vie. Dans son désespoir, il a envisagé le suicide. Mais il savait que ses parrains se souciaient de lui et cela l’encourageait profondément. De plus, les prières de sa mère et d’autres personnes commençaient à porter des fruits. C’est seulement après plusieurs années, quand il est devenu majeur, qu’il a enterré son rêve d’enfant d’être un grand criminel.

A l’âge de 18 ans, les membres du gang de Wimper lui ont donné l’occasion de commettre un crime. Ils avaient tous à la main des armes de gros calibre et étaient prêts à se battre. Mais Wimper, effrayé par la mort, a pris la décision de rentrer chez lui. Le lendemain, un ami qu’il avait rencontré au centre d’accueil l’a invité à une réunion de jeunes. Pendant la réunion, Wimper a décidé de changer de vie. Il dit que le fait d’avoir été au centre d’accueil et l’influence de sa mère l’ont aidé à prendre cette décision.

Une vie transformée

Wimper Wilfrido Sanchez Perez

A 23 ans, Wimper fréquente l’Université Chrétienne d’Amérique Latine et étudie pour avoir une licence en théologie des ressources humaines et de management social. A présent, il aide aussi, à son tour, à encadrer des enfants parrainés dans un centre d’accueil.

A travers son expérience du parrainage, Wimper est devenu un des rares jeunes équatoriens qui a pu se sortir de la violence qui tue presque 800 adolescents chaque année.

« Est-ce que je veux devenir un grand criminel aujourd’hui ? » dit-il en rigolant. « Non, pas du tout ! Je vis maintenant pour annoncer l’espérance afin que beaucoup de personnes soient libérées de l’esclavage et de la pauvreté au nom de Jésus. »

Source : Compassion International

One comment

  • Très beau témoignage. C’est en lisant ce type d’histoire que cela me conforte dans l’idée que j’ai vraiment bien fait de décider de parrainer un enfant du SEL. A notre niveau, ce n’est peut-être pas grand chose mais au niveau de ces enfants et de ces jeunes, ca fini par payer (nos prières et notre soutien).
    Cela fait plaisir de voir que Wimper a de nouveau eu l’espoir et qu’il s’en ait sorti. Le plus beau est qu’il se sert de cela pour le partager avec d’autres enfants pour les encourager à leur tour à croire en une vie meilleure. Ils ne sont pas des causes perdues, ce n’est pas ce qu’ils doivent penser mais surtout ils peuvent à leur tour changer les choses plus tard et agir à leurs niveaux avec les compétences qu’ils auront appris. Ces enfants sont le futur de leur pays. Merci au SEL et à Compassion d’exister. Merci à tous ces bénévoles pour ce qu’ils font et merci à tous les parrains et marraines pour le bien qu’ils font également.

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