En quoi les pauvres font-ils partie de la solution à la pauvreté ?

Ceux qui vivent dans la pauvreté ont le potentiel de participer à la solution. Exemples avec les partenaires du SEL et les bénéficiaires de leurs actions.

Partenaires, bénéficiaires : ils font le bien et le font bien.

En 2005-2006, l’organisation chrétienne togolaise ADSPE a soumis au SEL une demande de financement pour un puits à grand diamètre. Il s’agissait de répondre aux problèmes de maladies dues à l’eau dans un village.

Dès le début les conditions de vie locales se sont améliorées. Mais les villageois ne sont pas contentés de recevoir l’aide du partenaire du SEL. En effet, la population s’est organisée pour gérer, entretenir et prendre soin de l’ouvrage. Elle a sécurisé le puits avec une margelle et l’a fermé la nuit. L’endroit est propre. Les usagers paient une cotisation, ce qui a permis de mettre en place de petits projets sociaux.

Les choses ne se sont pas arrêtées là : la population a aussi pris l’initiative de construire une structure de pompe immergée permettant de distribuer l’eau avec un système de tuyau faisant gagner beaucoup de temps. Tout cela sans aucun financement extérieur supplémentaire.

La population locale a reçu de l’aide et se l’est appropriée. Puis elle a été capable d’aller plus loin toute seule. Elle souffrait d’un problème (eau insalubre) et a fait partie de la solution. Elle a été actrice dans l’amélioration de ses conditions de vie.

Des partenaires qui font le bien et le font bien

Le SEL soutient le travail de structures chrétiennes locales. Il s’agit :

Ces partenaires agissent en faveur et avec des personnes et des populations en situation de pauvreté autour d’eux : dans leur village, leur quartier, leur ville ou leur région.

Pourquoi travailler avec de tels partenaires locaux ? On est partenaires pour faire mieux ensemble que ce qu’on aurait pu faire chacun tout seul. L’idée même de travailler en partenariat implique de valoriser la contribution de chacun des partenaires.

C’est parce que le SEL croit à la capacité de ses partenaires de faire le bien et de bien le faire qu’il soutient leur travail ! L’expérience nous a montré les atouts des structures chrétiennes locales qui peuvent vivre leur foi d’une manière appropriée à leur contexte et qui connaissent le terrain. Leur présence dans la durée dans des lieux marqués par des situations de pauvreté leur donne une position privilégiée pour y mener une action chrétienne dans un monde en détresse. Leur persévérance dans contextes difficiles a bien des fois forcé notre admiration.

Bénéficiaires, mais aussi acteurs

Mais ce ne sont pas seulement les structures chrétiennes locales qui peuvent faire le bien et bien le faire : les bénéficiaires de leurs actions sont aussi porteurs d’un potentiel précieux. Un enfant parrainé, par exemple, qui commence par recevoir un soutien, est équipé pour pouvoir donner à son tour.

On peut évoquer John, ancien enfant parrainé en Ouganda. Il a été chassé de sa maison avec les autres membres de sa fratrie par son oncle qui profitait de la mort de sa mère et du départ de son père. Grâce au soutien de son parrain et du personnel du centre d’accueil, il est devenu avocat. Depuis 2009 a défendu gratuitement la cause de plus 300 personnes vivant dans la pauvreté. Après avoir été aidé, John est devenu la solution pour beaucoup d’autres.

On peut aussi parler des projets de développement agricoles des partenaires du SEL. Ils visent non seulement à aider des paysans qui vivent dans la pauvreté, mais aussi à renforcer leurs capacités. Il s’agit qu’ils aient dans les mains des solutions aux défis qu’ils doivent relever. Cela se fait par exemple en leur permettant de développer la productivité de leurs champs, de valoriser leurs produits et de les commercialiser, en leur donnant accès à des formations ou à des outils adéquats.

Le potentiel des populations des pays en développement

Ces dernières années, de grandes organisations chrétiennes comme Tearfund ou Compassion International ont encouragé, à côté des actions concrètes qu’elles financent, des programmes visant à mobiliser les communautés locales. Celles-ci vont recenser les ressources qu’elles possèdent en interne et les utiliser plutôt que de chercher d’abord de l’aide à l’extérieur. On peut lire à ce sujet le témoignage de Kossi Agbo, responsable pays pour Tearfund au Mali et au Niger et qui collabore régulièrement avec le SEL. Il donne une idée de la valeur d’une telle approche.

Les populations des pays en développement, qu’elles soient dans la pauvreté ou non, ont un riche potentiel à faire valoir. Le pasteur Serge Oulaï invite les chrétiens occidentaux à changer leur regard sur l’Afrique.

Faire partie de la solution : avoir une vision biblique équilibrée

L’enseignement biblique devrait transformer notre regard sur notre prochain quel qu’il soit. Il nous apprend que tous les humains sont également créés en image de Dieu. Il nous montre que tous ont été appelés à participer ensemble à la tâche commune que leur Créateur leur a confiée au commencement.

D’autre part, la foi en Jésus-Christ, l’expérience de son salut et de son secours et la façon dont il nous remet en route à sa suite constituent un puissant moteur pour une forme de solidarité envers le pauvre qui considère que le pauvre fait aussi partie de la solution.

  • La solidarité est nécessaire: « Qui opprime l’indigent déshonore celui qui l’a fait ; mais qui a pitié du pauvre lui rend grâce. » (Proverbes 14.31) Il nous faut partager notre pain avec celui qui a faim, savoir faire preuve de générosité, donner et aider.
  • Celui avec qui nous sommes appelés à être solidaires est notre semblable. S’il faut « avoir pitié du pauvre », il ne faut pas le réduire à être un simple objet de pitié. Dans la Bible, des lois comme celle sur le glanage et le grappillage (Lévitique 19.9-10 ; Deutéronome 24.19-22), ainsi que le principe du jubilé (Lévitique 25.8-17), favorisent une démarche de responsabilisation de celui qui est aidé.

Face à notre prochain, quel qu’il soit, la Bible nous amène à transformer notre regard. Il s’agit d’apprendre à regarder celui que Dieu place sur mon chemin avec bienveillance. Souvenons-nous que Dieu lui-même nous regarde avec bienveillance en Christ !

Ne regardons celui qui vit dans la pauvreté ni de haut, ni de bas, mais en étant prêt à donner, à recevoir et à considérer que mon prochain quel qu’il soit a une contribution de valeur à apporter.

Pour aller plus loin

  • Pour voir d’autres ressources sur le thème : « Partenaires & bénéficiaires : ils font le bien et le font bien », inscrivez-vous à la Journée du SEL. Vous recevrez un kit de ressources avec des idées d’animation, une prédication, des vidéos etc sur ce thème.
  • Vous ne connaissez pas la Journée du SEL ? Alors on vous dit tout ici. 
  • Vous pouvez également lire les témoignages de personnes qui ont organisé une Journée du SEL dans leur église, comme Anne-Vanessa ou  Gilles Boucomont !

 

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