Portrait [7/25] : Auguste Hermann Francke (1663-1727)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

Si vous ne connaissez pas Auguste Hermann Francke et que vous souhaitez rapidement avoir un aperçu de la vie de cet homme, il vous suffit d’observer une statue. Inaugurée par la ville allemande de Halle à l’occasion du centenaire de sa mort en 1827, ce monument résume à lui seul ce que fut sa vie. On y voit un homme entouré de deux orphelins. Il les regarde avec compassion et leur montre du doigt le ciel. Sur le piédestal, on peut lire cette brève inscription : « Auguste Hermann Francke. Il mit en Dieu sa confiance. »

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Auguste Hermann Francke est né en 1663 à Lübeck. Alors qu’il n’a que 10 ans, il est profondément marqué par le décès prématuré de sa sœur qui est de trois ans son aînée et qui l’avait initié à la lecture de la Bible.

Studieux, Auguste Hermann Francke est aussi bon élève que précoce et il va très tôt se destiner à la théologie. À l’âge de 13 ans, il est déjà admis à l’École préparatoire et un an après seulement, il est prêt à entrer à l’université mais on lui demande d’attendre deux ans car il est trop jeune.

Il entre donc à l’âge de 16 ans à l’université de Kiel et il se distingue par son érudition. Se spécialisant dans l’apprentissage de l’hébreu, Auguste Hermann Francke garde néanmoins un souvenir mitigé de cette époque : « Je connaissais à fond et la dogmatique et l’apologétique ; je pouvais citer à propos les passages de l’Ancien comme du Nouveau Testament. Tout ce qui constitue la piété, je l’avais à l’extérieur. J’étais un excellent théologien de tête, mais un pauvre chrétien. »

Un jour qu’il prépare une prédication, Auguste Hermann Francke prend conscience qu’il ne connaît pas véritablement Dieu. Il le supplie alors de se révéler à lui et il connaît ainsi un profond renouvellement de sa foi.

Auguste Hermann Francke est fortement influencé par le piétisme en vogue à son époque. Il s’agit d’un mouvement du protestantisme qui cherche à redonner son importance à la piété et à la sensibilité personnelle. Son fondateur, Philippe Spener, souhaite mettre en place dans la petite ville de Halle une université s’inscrivant dans cette lignée. Auguste Hermann Francke y est alors nommé professeur de grec et de langues orientales en 1691.

Peu de temps après, il devient également pasteur de l’église Saint-Georges à Glaucha, un faubourg de Halle. Ce quartier connaît une grande misère et Auguste Hermann Francke ne cesse dès lors de se demander ce qu’il peut faire pour y remédier. Particulièrement touché par la situation des enfants pauvres, il commence par mettre en place, dans sa maison, une école qui leur est consacrée mais devant le succès qu’il va rencontrer, ses cours ne vont pas tarder à accueillir d’autres enfants de familles plus prospères.

Auguste Hermann Francke est aussi sensible à la cause des orphelins. Il commence par en placer quelques-uns dans des familles chrétiennes en échange de rémunération. Puis, quand les dons se font plus généreux, il décide de racheter la maison qui se trouve à côté de la sienne pour en faire un orphelinat, avant de déménager les différentes institutions dans un nouveau bâtiment plus grand.

Au fil des années, les projets qu’il mène prennent de l’ampleur. Et en 1727, alors qu’il est sur le point de mourir, Auguste Hermann Francke s’occupe de 134 orphelins et ses écoles comptent plus de 2000 élèves. Son engagement social a profondément marqué la ville de Halle mais il ne l’a empêché ni de continuer son enseignement à l’université, ni de fonder une famille avec Anne-Madeleine de Wurm qu’il épouse en 1694.

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La vie d’Auguste Hermann Francke se caractérise par la confiance qu’il pouvait avoir en Dieu. Ce n’est alors pas pour rien que l’on retrouve cette mention sur le piédestal de la statue qui lui est consacrée à Halle. À de nombreuses reprises, il a eu l’occasion de raconter comment le Seigneur a pourvu alors même qu’il se demandait comment il allait nourrir ses orphelins. C’est ainsi qu’il a eu un jour cette phrase riche d’enseignements pour nous-mêmes :

« Que c’est doux quand on ne possède rien, qu’on ne peut faire fond sur rien, de demeurer tranquille en se confiant en celui qui a créé toutes ces choses ! »

Sources :

DELFORGE Frédéric, Quarante témoins du Dieu vivant, 1979, p.120-122.

M. J-L , Vie de Francke, Société des traités religieux, 1868.

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