Portrait [6/25] : Basile de Césarée (329-379)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

L’histoire des premiers siècles de l’Église n’est pas toujours bien connue des chrétiens aujourd’hui et la vie de Basile de Césarée n’est pas une exception. Pourtant, son apport est tel qu’il reçut de son vivant le surnom de Basile le Grand et qu’il s’est rapidement imposé par la suite comme l’un des principaux « Pères de l’Église » ; un titre qui est attribué aux auteurs anciens qui se sont évertués, par leurs actes et leurs écrits, à établir et défendre la doctrine chrétienne.

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D’après la tradition, Basile est originaire de Césarée en Cappadoce, où il serait né vers l’an 329 dans une famille chrétienne et plutôt fortunée. Si à cette époque la ferveur religieuse a un peu tendance à décroître, sa grand-mère Macrine s’attache néanmoins à lui transmettre avec dévouement les rudiments de la foi chrétienne.

Intelligent, Basile poursuit ses études dans les écoles les plus renommées de l’époque en allant à Constantinople puis à Athènes. Il revient finalement à Césarée vers 355 pour y enseigner la rhétorique et pour commencer une carrière d’avocat. Il est brillant et ses premiers succès vont malheureusement lui monter un peu à la tête.

Devenues religieuses, sa mère et sa sœur vont l’aider à se reprendre en main. Avec recul, il put dire avec regret de cette époque : « Je m’éveillai comme d’un profond sommeil. Je répandis d’abondantes larmes sur la vie que je venais de mener. » Renonçant alors à l’attrait des mondanités, Basile entreprend de se consacrer entièrement à Dieu et reçoit le baptême dans la foulée.

Plusieurs années après, Basile décide de distribuer sa fortune aux plus démunis et ils se retirent à quelques-uns pour former un monastère. Son ami, Grégoire de Nazianze, qu’il a connu durant ses études le rejoint. La communauté va alors partager son temps entre la prière, la méditation de la Parole de Dieu et les travaux manuels.

5 ans après, Basile sort de sa retraite car Dianée, l’évêque de Césarée, est sur le point de mourir et il souhaite le revoir. Lorsqu’il décède, son successeur Eusèbe demande à Basile de rester pour devenir son collaborateur et il l’ordonne prêtre malgré ses réticences.

Quelques tensions vont survenir entre les deux hommes mais la pression exercée par la propagation de l’arianisme va finalement les rapprocher. Condamnée par le Concile de Nicée de 325, cette hérésie rejette tout simplement la compréhension classique et fondamentale de la trinité. Or, toute sa vie, Basile va batailler ardemment pour défendre la saine doctrine et l’unité de l’Église.

Le ministère de Basile se distingue également par l’intérêt qu’il peut porter aux plus démunis. Leur ayant déjà partagé ses ressources quand il a décidé de devenir moine, c’est lui qui va organiser la solidarité alors qu’une grande famine sévit à Césarée vers la fin des années 360, n’hésitant pas à distribuer lui-même la nourriture aux habitants.

Cherchant à inscrire son engagement dans le temps, il va trouver les fonds nécessaires pour mettre en place des hospices pour recevoir les pauvres et les malades. Pour son époque, il s’agit alors de bâtiments totalement nouveaux. Cette inclinaison pour les plus démunis se retrouve donc dans ses actions mais aussi dans ses prédications. C’est pourquoi il est aussi surnommé « le prédicateur de l’aumône ».

Ces différents projets et les maladies qu’il va connaître vont avoir raison de la santé de Basile qui est en plus devenu évêque en 370 à la suite du décès d’Eusèbe. À son tour, Basile décède laissant derrière lui de nombreux textes. Nous sommes le 1e janvier 379.

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À l’époque de Basile, la vie solitaire était perçue comme la vie chrétienne par excellence et suite à son baptême, il va lui-même chercher à se retirer. Il va pendant deux ans faire le tour des monastères de l’Orient avant de fonder le sien avec quelques-uns de ses amis puis de revenir s’impliquer dans la vie de la cité à Césarée. Son parcours est certes atypique mais il nous interpelle sur la façon dont nous pouvons percevoir le rapport du chrétien au monde qui l’entoure.

Sources :

DELFORGE Frédéric, Quarante témoins du Dieu vivant, 1979, p.21-23.

GAIN Benoît, Richesses et pauvreté chez saint Basile, in Connaissance des Pères de l’Église, n°70, 1998, p.27-34.

GONTHIER François Auguste Alphonse, Petite bibliothèque des pères de l’Église, 1832, tome 3, p.5-109.

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One comment

  • Merci ! Tout simplement merci de nous partager vos connaissances et ce beau travail de recherches sur nos pères de l’Église !

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