Portrait [3/25] : Elizabeth Fry (1780–1845)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

Ces dernières années, une petite polémique a vu le jour au Royaume-Uni. Jusqu’alors à l’effigie d’Elizabeth Fry, le billet de 5 livres laisse désormais place à la figure de Winston Churchill créant ainsi le mécontentement d’une part de la population qui regrette le manque de visages féminins sur les billets de banque britanniques. Mais si l’ancien premier ministre nous est bien connu aujourd’hui de par son rôle essentiel lors de la seconde guerre mondiale, qui donc est Elizabeth Fry que l’on surnomme aussi parfois « l’ange des prisons » ?

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Elizabeth Fry, dont le nom de jeune fille est alors Gurney, est née en 1780 en Angleterre dans une famille Quaker. Les Quakers sont les membres d’un mouvement religieux puritain qui met l’accent sur l’expérience spirituelle et qui se caractérise par son absence de liturgie et de structure hiérarchique.

Jeune, elle accompagne sa famille à l’église davantage par obligation que par conviction. Pourtant, c’est en se rendant à un culte à contrecœur à l’âge de 18 ans que sa vie va connaître un véritable bouleversement. L’écoute d’un sermon de William Savery, un prédicateur américain de passage, est une révélation pour elle. Sa transformation est alors immédiate et radicale, voire parfois un peu excessive !

Une de ses sœurs relate cet épisode dans ses mémoires. Elle y écrit : « Je déplore que le quakerisme d’Elizabeth augmente chaque jour. Elle ne se mêle plus à nos danses et semble renoncer au chant ; elle pratique la simplicité dans ses habits, et plus encore dans son langage. Mais son caractère s’est beaucoup amélioré ; elle est active, charitable pour les pauvres, aimable et attentive pour nous tous. »

Dès ce jour, la vie d’Elizabeth change et sa préoccupation pour les plus vulnérables ne fait que grandir. Son mariage à l’âge de 20 ans avec un banquier quaker du nom de Joseph Fry ne changera rien à sa détermination bien qu’elle doive parfois faire quelques concessions pour élever les 11 enfants qu’ils ont pu avoir ensemble.

Engagée dans différents domaines de l’action sociale, c’est surtout son activisme pour réformer le milieu carcéral qui va la rendre célèbre. En effet, à cette époque, les prisons sont surpeuplées, dans un état déplorable et rares sont ceux qui s’y intéressent.

La vocation d’Elizabeth Fry va naître à la suite d’une visite qu’elle effectue à la prison de Newgate à Londres en 1813. Elle est choquée par la situation dans laquelle se trouvent les femmes qui y sont enfermées (parfois avec leurs enfants) et elle va tout faire pour améliorer leurs conditions de vie. Son action se base alors sur trois principes : donner une instruction aux enfants, une occupation aux femmes et créer par la Bible une atmosphère religieuse.

La qualité de son travail acquérant une certaine reconnaissance, Elizabeth Fry va ensuite être amenée à voyager dans différents pays pour visiter leurs systèmes pénitenciers mais aussi pour en rencontrer les dirigeants. C’est ainsi qu’elle viendra plusieurs fois dans les prisons françaises mais également en Belgique, Hollande, Allemagne ou encore Danemark. Tous ces voyages auront malheureusement raison de sa santé et c’est épuisée par la vie qu’elle a menée qu’elle décède en 1845 à l’âge de 65 ans.

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C’est dans sa conversion que se trouvent l’origine et le sens de l’engagement d’Elizabeth Fry auprès des plus démunis et particulièrement des prisonniers. Elle écrivit un jour : « Depuis que mon cœur fut touché d’en-haut, quand j’avais 17 ans, je crois ne m’être jamais réveillée sans que ma première pensée fût : comment pourrais-je le mieux servir mon Seigneur ? ». Et pour nous, qu’en est-il ?

Sources :

MONOD Wilfred, La nuée de témoins, Volume 2, p.212-237.

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