Portrait [11/25] : George Müller (1805-1898)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

L’histoire de George Müller est sûrement l’une des plus impressionnantes. Il semble en effet avoir vécu plusieurs vies en une. Rendu célèbre avant tout pour son implication auprès des orphelins à Bristol, il est aussi connu pour avoir été l’un des leaders de la branche large des Assemblées de Frères et pour les nombreux voyages missionnaires qu’il a réalisés à partir de ses 70 ans.

***

Né en 1805 en Prusse, George Müller va être élevé par son père suite au décès de sa mère lorsqu’il a 14 ans. Sa jeunesse n’est pas un modèle et elle ne présage pas de l’homme qu’il deviendra. En effet, elle est marquée par le vol, l’alcool et les jeux. George Müller va essayer à plusieurs reprises de changer mais ne comptant que sur ses propres forces et non sur l’œuvre du Saint-Esprit, ses bonnes intentions resteront des échecs.

À l’âge de 16 ans, son comportement malhonnête le conduit même à passer plusieurs jours en prison. Heureusement, du côté des études, il s’en sort mieux. Suivant les conseils de son père, il étudie la théologie à l’université de Halle mais il s’engage dans cette voie plus pour la bonne situation qui peut en découler que par une connaissance personnelle de Dieu. Pour la petite histoire, à cette époque, il ne possède même pas de Bible.

C’est au mois de novembre 1825 que va avoir lieu le déclic. Un samedi soir, George Müller accompagne un ami à une réunion chez un commerçant chrétien. Il va alors être bouleversé par la ferveur qu’il y trouve et dès ce moment, sa vie change ! Il lit la Bible, arrête progressivement ses mensonges répétés et commence à se sentir attiré par la mission.

Après qu’on lui ait parlé de l’opportunité de travailler parmi les Juifs, George Müller décide de se rendre à Londres où il existe une société missionnaire. Cependant, il n’y reste pas longtemps et il s’engage rapidement comme pasteur à Teignmouth. Là, la question du baptême le taraude. Il a beau avoir été baptisé enfant, l’étude approfondie de la Bible le conduit à renouveler son engagement.

En 1832, il part s’installer à Bristol avec sa femme Mary Groves, qu’il a épousé deux ans plus tôt, et c’est progressivement que va se forger en lui la conviction de commencer un travail social. Au sein de son cheminement, il est d’ailleurs intéressant de noter l’influence qu’a pu exercer sur lui l’œuvre menée par Auguste Hermann Francke dans la ville de Halle.

En 1836, George Müller loue un immeuble bon marché pour y installer son premier orphelinat pour jeunes filles. C’est le lancement d’un ministère qui ne va alors faire que croître. Pourtant, ce n’est pas sa préoccupation première puisqu’il recherche avant tout à discerner la volonté de Dieu : « Si je le glorifie mieux en m’abstenant d’agrandir l’œuvre et d’aller de l’avant, j’abandonne toute idée de recueillir un millier d’orphelins. »

S’en remettant uniquement à la grâce de Dieu, George Müller se fait un point d’honneur à ne jamais demander d’argent mais il remet tout à Dieu dans la prière. Malgré les difficultés financières, les orphelins n’ont jamais manqué de rien et son ministère a prospéré. En 1870, au moment où sa femme décède, les orphelinats ont déménagé pour plus grand à Ashley Down, toujours à Bristol. Ils regroupent alors cinq maisons et peuvent accueillir 2000 enfants ainsi que le personnel nécessaire.

Si dans sa jeunesse George Müller avait pensé partir en mission, ça n’est finalement que bien plus tard que Dieu lui en ouvre les portes. La gestion des orphelinats étant bien administrée, il va entreprendre de nombreux voyages grâce au soutien de sa seconde femme Susannah Grace Sangar. Sillonnant le monde de sa 70e à sa 85e année, George Müller va prêcher à des dizaines de milliers de personnes. Fort de cette vie intense, il décède en 1898 à l’âge de 93 ans.

***

Malgré sa vie bien remplie, George Müller n’a jamais délaissé la prière ou l’étude de la Bible. À cet égard, il peut être un exemple pour nous car il a su trouver un certain équilibre entre l’étude assidue de la Parole de Dieu et sa mise en pratique. « Le soir, il était convenu que la dernière heure que nous passions aux orphelinats était consacrée à la prière, bien que nous ayons toujours eu beaucoup à faire à cette époque, plus qu’à aucune autre période de notre vie. »

Sources :

KUEN Alfred, George Müller : L’Audace de la Foi, Éditions Emmaüs, 1982.

Bannière portraits

Participez à la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *