Portrait [4/25] : Henry Dunant (1828-1910)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

Aujourd’hui, je vous propose de nous intéresser à un personnage aussi passionnant que célèbre : Henry Dunant. Ou si son nom ne vous dit rien, vous connaîtrez sûrement l’organisation qu’il a fondée : la Croix-Rouge. Passant de la richesse à la pauvreté, de la célébrité à l’oubli, son histoire est aussi fascinante que tragique.

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Henry Dunant est né en 1828 dans une famille de la bourgeoisie moyenne protestante de Genève. Engagés dans diverses œuvres de la ville auprès des plus démunis, ses parents lui communiquent très tôt la fibre de l’action sociale.

Mais c’est par la ferveur de sa foi que le jeune Henry va commencer à se distinguer. Influencé par le mouvement du Réveil en vogue à cette époque, il se convertit vers l’âge de 15 ans. À 20 ans, « il passe ses dimanches après-midi à faire la lecture de la Bible à des condamnés de la prison de Genève ».

Les différentes rencontres qu’il va faire vont ensuite le conduire à entreprendre une carrière dans la banque. Et c’est dans ce cadre qu’il est envoyé en Algérie, qui se trouve être une colonie française. Il se lance alors dans des investissements risqués qui vont malheureusement s’avérer dramatiques pour la suite de son histoire.

En 1859, Henry Dunant a 31 ans. Il se rend dans le nord de l’Italie, en Lombardie, où il espère rencontrer Napoléon III pour lui demander de l’aide dans ses affaires algériennes. À cette époque en effet, Napoléon III prête main-forte à l’armée piémontaise dans le conflit qui l’oppose à l’Empire autrichien.

Henry Dunant arrive sur le champ de bataille de Solferino une fois les combats terminés et découvre stupéfait les nombreux morts et blessés auxquels personne ne prête assistance. Pour lui, c’est un choc et cet événement va être le déclic l’incitant à passer à l’action !

À la suite de cette expérience, il rédige un ouvrage intitulé Un souvenir de Solferino puis se démène auprès des différents souverains européens pour promouvoir ses idées de paix et d’humanité. De retour à Genève, il s’entoure de plusieurs personnalités compétentes, pour beaucoup protestantes évangéliques, et ils fondent ensemble en 1863 le Comité international de la Croix-Rouge. Encore fortement active de nos jours, il s’agit de la plus ancienne organisation humanitaire existante.

Visionnaire et pionnier, Henry Dunant est tragiquement rattrapé par les dettes qu’il avait contractées en Algérie. Incapable de les rembourser, il est mis en retrait de l’organisation qu’il a fondé avec tant de passion et c’est le début pour lui d’une lente descente vers la misère et l’anonymat. Il n’en sortira que vers la fin de sa vie alors qu’il reçoit avec Frédéric Passy en 1901 le premier prix Nobel de la paix. Il décède en 1910 à l’âge de 82 ans.

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Quel enseignement tirer de la vie passionnante d’Henry Dunant ? Il y en aurait sûrement plusieurs au vu de la richesse de son parcours. Si nous pouvons nous émerveiller de l’énergie qu’il a déployée pour mener à bien son projet, nous pouvons aussi nous laisser interpeller par ses idéaux de paix et d’humanité que sa foi en Dieu lui a inspirés. Au verset 9 du chapitre 5 de l’évangile selon Matthieu, on retrouve cette béatitude que Jésus a prononcé lors du célèbre Sermon sur la montagne :

« Heureux ceux qui répandent autour d’eux la paix, car Dieu les reconnaîtra pour ses fils. »

Sources :

BLANDENIER Jacques, Figures évangéliques de résistance, Dossier Vivre n°35, 2013, p.75-89.

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