Portrait [2/25] : John Bost (1817-1881)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

Pianiste émérite et élève du célèbre compositeur hongrois Franz Liszt, John Bost aurait pu prétendre à une grande carrière artistique. Pourtant, son destin fut tout autre ! Délaissant la musique à l’âge de 24 ans, il s’engage plutôt comme pasteur en Dordogne et dévoue sa vie à l’accueil de tous ceux que la société rejette.

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Né en 1817 en Suisse, Jean-Marc Antoine (dit John) Bost est issu d’une famille de huguenots ayant fui les persécutions dont ils étaient victimes en France. Ami Bost, son père, est pasteur et il va jouer un rôle important tout au long de sa vie.

Si durant sa jeunesse, John Bost reçoit une formation de relieur, c’est surtout en musique qu’il a de véritables prédispositions et il décide en 1838 de partir pour Paris où il entre au conservatoire. Dès cette époque, John Bost témoigne d’une grande préoccupation pour les plus démunis. Il rejoint en effet la « Société d’Amis des Pauvres » et visite les hôpitaux, prisons ou autres quartiers insalubres dès qu’il en a l’occasion.

À Paris, John Bost va connaître un combat intérieur intense. Hésitant entre la charité et la musique, il va finalement opter pour la première voie au détriment de la seconde. Suite à ce changement d’orientation, il s’inscrit à 25 ans au collège protestant de Sainte-Foy pour y préparer son baccalauréat car des problèmes de santé l’avaient obligé à interrompre ses études à Genève et il entre en 1843 à la Faculté de théologie protestante de Montauban.

Peu de temps après, l’Église de La Force (en Dordogne) le contacte. Refusant le candidat que veut lui imposer le Consistoire, la paroisse recherche un pasteur qui soit plus évangélique et qui soit prêt à entrer en dissidence. Bien qu’il n’ait pas fini ses études, John Bost accepte. Il est consacré pasteur en 1844.

Désormais indépendante, l’Église n’a plus accès au temple du village et la première tâche de John Bost va être de la doter d’un nouveau bâtiment. C’est chose faite en 1846 et il a alors les mains libres pour se lancer dans un chantier qu’il a profondément à cœur en raison de son histoire et des rencontres qu’il a pu faire par le passé : il s’agit de la création d’un orphelinat pour jeunes filles.

Soutenu par son Église, John Bost manque néanmoins de ressources et il part chercher des fonds à Paris, en Angleterre et en Écosse. Son projet se concrétise et l’inauguration du premier orphelinat a lieu en 1848. D’autres bâtiments suivront.

Au total, John Bost crée neuf asiles de son vivant. Il a avancé pas à pas, répondant aux besoins qui se présentaient à lui et il va élargir le public accueilli initialement en acceptant des garçons, des épileptiques, des personnes handicapées… Sa devise : « Ceux que tous repoussent, je les accueillerai au nom de mon Maître, sans murs ni clôtures, et je mettrai des fleurs sur leur chemin. »

Exigeant et sévère, pour les autres comme pour lui-même, John Bost a les défauts de ses qualités. S’il a permis d’aider de nombreuses personnes et s’il a réalisé une œuvre impressionnante, honorée par la décoration d’une Légion d’honneur en 1866, il n’a malheureusement pas pu empêcher l’émergence de quelques tensions qui conduiront à des divisions au sein de l’Église de La Force.

Sur un plan plus personnel, John Bost se marie assez tard, à 44 ans, avec Eugénie Ponterie, une femme de la région qui l’accompagne précieusement durant son ministère. Quatre enfants naîtront ensuite de leur union. En 1881, il fait un voyage à Paris pour régler quelques détails administratifs. Épuisé par la vie qu’il a menée, il tombe malade et décède.

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En 1877, les « Asiles John Bost » sont reconnus d’utilité publique. La déclaration du pasteur de La Force à cette époque peut et doit nous interpeler quant à la question de l’identité des œuvres chrétiennes. Il déclara alors :

« Soyez rassurés, nous n’accepterons la reconnaissance que si l’entière liberté de l’enseignement religieux, moral, ainsi que le renouvellement de notre personnel directeur nous sont garantis. »

Sources :

REY LESCURE Philippe, John Bost : un homme devant la souffrance, 1959.

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