Portrait [20/25] : John Wesley (1703-1791)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

En 1726, Voltaire est indésirable en France et s’exile en Angleterre. Il dresse alors un constat implacable sur l’état du christianisme dans le pays : « On est si tiède à présent sur tout cela, qu’il n’y a guère de fortune à faire pour une religion nouvelle ou renouvelée. » Pourtant, le ministère de John Wesley ne commencera que peu de temps après et sera à l’origine d’un profond réveil dans le pays !

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Bien que le christianisme soit en recul dans l’Angleterre du début du XVIIIe siècle, c’est bien dans une famille de pasteurs qu’est né John Wesley en 1703. Favorable à l’introduction de certaines réformes, son père est néanmoins rattaché à l’Église anglicane. Quant à sa mère, elle accorde une grande attention au suivi spirituel de ses enfants et elle va avoir une influence importante sur lui.

En 1720, John Wesley rejoint la ville d’Oxford pour y poursuivre son cursus. Quelques années après, c’est là-bas qu’il commence à diriger des rencontres de prière et d’édification entre étudiants. Par dérision, le groupe est appelé « le club des saints » et ses membres « les méthodistes », en raison de « la régularité et de l’esprit de méthode qu’ils apportaient dans leurs pratiques religieuses ».

Sous l’impulsion de John Wesley, l’association s’engage dans des activités de visites aux pauvres, aux malades ou encore aux prisonniers. Le jeune homme est pieux et appliqué mais cela ne l’empêchera pas de dire de ses premières années : « Je pensais pouvoir être sauvé parce que je n’étais pas aussi mauvais que beaucoup d’autres, parce que j’aimais la religion et parce que je continuais à lire la Bible, à aller à l’église et à dire mes prières. » Seulement, sa profonde transformation viendra plus tard !

En 1735, John Wesley profite de l’occasion qui lui est donnée de se rendre dans la colonie nord-américaine de Géorgie comme missionnaire. Son expérience sur place est mitigée et il rentrera deux ans plus tard mais sa rencontre avec des frères moraves lors du trajet aller le marque fortement.

De retour à Londres, il se joint à l’une de ces communautés et, le 24 mai 1738, il connaît une expérience de conversion qu’il relate dans son journal. Au cours de la réunion du soir, lecture est donnée d’un commentaire de Martin Luther sur l’épître aux Romains et c’est à l’écoute de ce texte qu’il ressent en son cœur le profond amour du Dieu sauveur.

À la suite de sa conversion, John Wesley décide de passer quelques temps dans des communautés moraves en Saxe. Lorsqu’il revient ensuite en Angleterre, il se rend compte malheureusement que de nombreuses églises anglicanes lui ferment leurs portes. Peu importe. Après quelques hésitations, il rejoint finalement son ami George Whitefield et commence à prêcher dans les rues.

Le ministère d’évangéliste de John Wesley est lancé et il ne fera que croître, accompagnant sa devise « Le monde est ma paroisse ». L’ancienne expression de « méthodistes » va alors être reprise pour qualifier ce nouveau phénomène et, en 1744, une première conférence se tient à Londres pour essayer de donner une certaine unité à un mouvement qui se caractérise surtout par la constitution de nombreuses sociétés éparses à travers le pays.

De l’opposition apparaît, notamment de la part de l’Église anglicane, mais jamais John Wesley ne voudra s’en séparer. Il comprend progressivement que c’est inéluctable mais ce n’est qu’après sa mort que le mouvement se constitue véritablement en Église indépendante. Au moment de son décès, en 1791, on dénombre environ 134 000 méthodistes en Angleterre et en Amérique.

Si le ministère de John Wesley a permis de nombreuses conversions, il aura aussi eu le mérite de redonner un intérêt aux questions sociales. Non seulement l’évangéliste a fondé des écoles, des dispensaires ou encore des sociétés de prêts pour les plus démunis mais cette préoccupation était au cœur de ses prédications. Et ce n’est sûrement pas pour rien que le méthodisme a vu émerger par la suite de grandes figures de l’action sociale comme William Wilberforce ou William Booth.

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Comme sa biographie en témoigne, John Wesley était avant tout un prédicateur de l’évangile et non un réformateur social. Pourtant, son activité principale ne l’a pas empêché d’être attentif aux besoins des plus pauvres. D’ailleurs, il leur consacrait même des sommes importantes puisqu’il se contentait de vivre avec 750 francs par an et donnait le reste. On estime ainsi qu’il a pu distribuer en un demi-siècle de 500 000 à 750 000 francs.

À l’identique, nous ne sommes peut-être pas nous-mêmes impliqués dans des actions sociales structurées et pourtant n’y a-t-il pas quand même quelque chose que nous pouvons faire à notre échelle pour soulager les souffrances de notre prochain ?

Sources :

GUITON William-Henri, John Wesley : Esquisse de sa vie et de son œuvre, dépôt de publications méthodistes, 1920.

MONOD Wilfred, La nuée de témoins, Volume 2, p.35-59.

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