Portrait [17/25] : Martin Luther King (1929-1968)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

De nos jours, Martin Luther King est une figure relativement consensuelle. Pourtant, cette situation était loin d’être le cas de son vivant. Si nous en sommes arrivés là aujourd’hui, c’est sûrement parce qu’une réappropriation de son héritage a été faite par les uns et les autres. Il existe ainsi une certaine tendance à occulter aux États-Unis les combats qui ont animé la seconde partie de sa vie et en France à ne pas s’attarder sur la foi qui l’animait. Il est alors intéressant de se replonger dans l’histoire passionnante de cet homme dont on ne connaît finalement bien souvent que certains aspects.

***

Issu d’une famille de pasteurs baptistes afro-américains, Martin Luther King est né à Atlanta en 1929. Il s’appelle alors Michael King Jr. et ce n’est que quelques années plus tard qu’il reçoit le nom qui a participé à sa renommée lorsqu’en 1934 son père réalise un voyage en Allemagne et décide de changer son propre prénom, ainsi que celui du plus âgé de ses fils, en hommage au célèbre réformateur protestant.

Désormais appelé Martin Luther King Jr., le jeune enfant grandit dans le contexte tendu de la ségrégation raciale en cours dans les États du Sud des États-Unis. Il fait alors, dès son plus jeune âge, la douloureuse expérience du racisme – ce qui va profondément le marquer.

Élevé dans un milieu relativement aisé et cultivé, Martin Luther King va pouvoir se rendre dans des États du Nord pour y poursuivre ses études. Il commence par se former dans un séminaire de théologie en Pennsylvanie avant d’obtenir, en juin 1955, un doctorat à l’université de Boston. Entre-temps, en juin 1953, Martin Luther King épouse Coretta Scott avec qui il aura quatre enfants.

Une fois ses études terminées, le jeune pasteur prend en charge une paroisse de la ville de Montgomery, la capitale de l’Alabama, l’un des États les plus durs en matière de ségrégation raciale. C’est dans cette même ville que va avoir lieu la célèbre campagne de boycott des bus à la suite de la condamnation de Rosa Parks, une afro-américaine qui avait refusé de laisser sa place à un blanc.

En raison de ses talents oratoires, Martin Luther King est alors propulsé porte-parole d’un mouvement qu’il soutient mais qu’il n’a pas lancé pour autant. Pour lui, c’est le début du combat majeur de sa vie pour les droits civiques des noirs aux États-Unis ; une lutte qu’il n’aura de cesse de mener au moyen de la désobéissance civile et de la non-violence que sa foi en Dieu lui inspire.

Ce combat va être difficile. Martin Luther King va connaître plusieurs tentatives d’assassinat, des intimidations de la part du FBI et des séjours récurrents en prison. Néanmoins, il persévère et les différentes actions, menées par le mouvement dont il est le représentant, aboutiront à l’adoption de plusieurs lois participant à l’abolition de la ségrégation raciale (1964) et à l’affirmation du droit de vote des afro-américains (1965).

Couronné par un prix Nobel de la Paix en 1964 dont il est alors le plus jeune lauréat, Martin Luther King est certes l’homme du discours de Washington au cours duquel il prononce le fameux « I have a dream » mais il ne faudrait pas le réduire à n’être que cela. Les droits civiques étant désormais atteints, il poursuit son action sur le terrain des droits économiques. Son combat va alors être dirigé dans deux directions qu’il lie : la lutte contre la pauvreté et contre la guerre du Vietnam !

La tenue d’une grande « campagne pour les pauvres » est décidée pour le printemps 1968 afin de lutter pour la justice sociale. C’est dans ce cadre que Martin Luther King se rend à Memphis lorsqu’il est tragiquement assassiné sur le balcon de sa chambre d’hôtel le 4 avril 1968. Son décès prématuré participe alors à inscrire le personnage dans l’histoire en même temps qu’il annonce l’inévitable affaissement du mouvement qui s’était engagé.

***

Au début de son combat, en 1956, le boycott des bus de Montgomery dure depuis sept semaines et Martin Luther King connaît une période particulièrement difficile. Une nuit, il ne trouve pas le sommeil et c’est alors qu’il va vivre une expérience spirituelle décisive pour la suite de son histoire. Envahi par les doutes et prêt à tout arrêter, il se tourne vers Dieu dans la prière et semble entendre cette voie intérieure : « Martin Luther, dresse-toi pour défendre le bien. Dresse-toi pour défendre la justice. (…) Et voilà, je serai avec toi. Même jusqu’à la fin du monde ».

Sources :

ROGNON Frédéric, Martin Luther King : une vie pour la non-violence évangélique, Éditions Olivétan, 2014.

Bannière portraits

Participez à la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *