Portrait [24/25] : William Booth (1829-1912)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

Nouveau converti et plein de zèle, le jeune William Booth devient prédicateur laïc et annonce l’Évangile, Bible en main, dans les rues d’Angleterre, une fois ses journées de travail terminées. Remarqué par un pasteur de Nottingham qui l’encourage à se consacrer au ministère à temps plein, il rencontre un médecin qui lui déclare qu’il n’est « aucunement qualifié pour les fatigues de cette profession » et qui ne lui donne pas un an de pastorat avant de l’enterrer. Quel diagnostic étonnant quand on sait ce que sera la vie du fondateur de l’Armée du Salut !

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William Booth est né en avril 1829 à Nottingham, après que son père y ait déménagé suite à quelques revers de fortune dans ses affaires. Côtoyant la misère des cités industrielles, il doit quitter l’école à l’âge de 13 ans pour entrer en apprentissage chez un prêteur sur gages. Malheureusement, le décès de son père survenant peu de temps après, la situation se complique encore un peu pour lui et pour sa mère, qui doit également s’occuper de ses trois sœurs.

Alors âgé de 15 ans, William Booth se convertit en réponse à la prédication d’un pasteur méthodiste. Il décide en conséquence de quitter l’Église anglicane pour rejoindre l’Église wesleyenne et une fois son apprentissage terminé à 19 ans, il part pour Londres car c’est là-bas qu’il trouve un emploi. Seulement, il travaille énormément et il est frustré de ne plus pouvoir autant prêcher dans les rues comme il le faisait auparavant.

En avril 1852, William Booth saisit l’occasion qui lui est donnée d’entrer dans le ministère à plein temps. Il surprend son patron de l’époque quand il lui annonce qu’il part non pas pour gagner plus mais pour en gagner moins. « L’argent ne m’attire pas, je désire une seule chose : trouver l’occasion de consacrer ma vie et mes facultés à annoncer au monde perdu un Sauveur tout-puissant. »

À la même époque, il fait la rencontre de Catherine Mumford, qui devient son épouse en 1855 et par la suite sa fidèle collaboratrice. Ensemble, ils forment une véritable équipe et, très rapidement, le ministère de William Booth va porter du fruit. Il voyage beaucoup. Les conversions sont nombreuses.

Seulement, l’assemblée générale de l’Église méthodiste n’est pas tout à fait à l’aise avec le ministère itinérant du jeune pasteur. Elle l’invite alors à accepter un poste dans une circonscription délimitée. William Booth refuse et quitte la dénomination car il pense que Dieu le destine à autre chose. Ce choix lui coûte – son soutien financier, certains de ses amis – mais il est en paix !

En 1865, William Booth est basé à Whitechapel, un quartier pauvre de l’est-londonien. En butte à l’hostilité des Églises établies et d’une partie de la population, il fonde la « Mission Chrétienne » dont l’objectif est d’amener les populations délaissées à la foi en Christ. Le succès est là. Deux ans après l’ouverture du Quartier Général, 1200 personnes sont présentes au culte du dimanche.

Par souci d’efficacité, l’organisation se mue en août 1878 en Armée du Salut et adopte un fonctionnement hiérarchique qui a pu être critiqué mais qui a néanmoins fait ses preuves. Si la mission principale de l’œuvre reste avant tout l’évangélisation, le constat va rapidement être fait que l’on ne peut pas s’adresser aux classes populaires sans chercher également à répondre à leurs besoins physiques et matériels.

D’abord fruit d’initiatives individuelles, l’Armée du Salut va progressivement structurer son action sociale en créant des refuges, en distribuant des repas ou en recueillant des ivrognes et des prostituées… Sa devise « Soupe, savon, salut » résume alors assez bien sa mission !

Longtemps méprisé, le Général – comme il est appelé – va néanmoins connaître les faveurs populaires sur la fin de sa vie. Malgré son âge avancé, il réalise de nombreux voyages pour accompagner le développement international de l’Armée du Salut et il est reçu à plusieurs reprises par d’importants dirigeants. Alors qu’il décède en août 1912, des dizaines de milliers de personnes viennent se recueillir devant son cercueil et son dévouement reste un exemple qui traverse les siècles !

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Voici ce que William Booth déclare lors d’un discours en 1880 : « On m’a dit que 95 % de la population de nos villes et de nos bourgs ne franchissait jamais le seuil d’un lieu de culte. Et j’ai pensé : « Ne peut-on rien tenter pour porter l’Évangile à ces gens-là ? » » Si l’Armée du Salut a pu être pour lui une réponse à cette question en ces temps-là, cette réflexion ne devrait-elle pas encore continuer de nous interpeller aujourd’hui dans la manière dont nous vivons l’Église ?

Sources :

BRABANT Georges, William Booth : Un prophète des temps modernes, Éditions Altis, 1948.

MONOD Wilfred, La nuée de témoins, Volume 2, p.277-297.

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