Portrait [22/25] : William Carey (1761-1834)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

Dès son plus jeune âge, William Carey est passionné par les récits des explorateurs au point que ses camarades le surnomment « Christophe Colomb ». Plus tard, une fois converti, cette curiosité pour le reste de la planète se transformera en fardeau pour les peuples non atteints par l’Évangile, comme en témoigne la grande carte du monde qu’il a réalisé et accroché au mur de son atelier. De spectateur, William Carey devient ensuite acteur et si son ministère ne connaît pas un nombre formidable de conversions, il est toutefois considéré comme l’un des plus grands missionnaires !

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Né en 1761, William Carey est l’aîné des cinq enfants d’une famille anglicane modeste du centre de l’Angleterre. Au cours de sa jeunesse, il s’intéresse aux sciences naturelles et se montre extrêmement doué pour les langues anciennes et étrangères. Initialement, il aurait aimé devenir jardinier comme son oncle mais une allergie au soleil l’oriente plutôt vers un apprentissage en tant que cordonnier.

Témoignant de peu d’intérêt pour les questions spirituelles, c’est une faute qu’il va commettre qui est à l’origine de son long cheminement vers Dieu. Un jour qu’il détourne un shilling pour ses besoins personnels, William Carey s’étonne d’être pardonné et non congédié par son bon et croyant patron.

Il se convertit un peu plus tard à l’âge de 18 ans et se marie, en 1781, à 20 ans avec une femme plus âgée que lui et qui est analphabète. Quatre ans après, ils ont déjà trois garçons ensemble et William Carey cumule un poste d’instituteur et son métier de cordonnier pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille. Dès cette époque, on devine la grande capacité de travail qui sera la sienne.

À ces deux emplois, il en ajoute bientôt un troisième. À 22 ans, William Carey avait rejoint une Église baptiste et demandait le baptême. Il devient ensuite rapidement prédicateur laïque avant d’être consacré pasteur de l’Église Baptiste de Moulton en 1787. Il commence alors à défendre l’importance de la Mission mais c’est loin d’être une chose évidente à cette époque.

Pour convaincre son auditoire, William Carey va jusqu’à écrire un livre en 1792 et, au mois d’octobre de la même année, il se propose comme premier volontaire à l’occasion de la séance constitutive de la Société Missionnaire Baptiste. À l’origine, il pense partir pour Tahiti puis ce sera finalement les Indes. Il y arrive en novembre 1793 après cinq mois de voyage et de nombreuses péripéties.

Ce projet missionnaire va être une rude épreuve pour la vie de famille de William Carey car s’il se sent investi de cette vocation, il en est tout autrement pour sa femme. Elle l’accompagne tant bien que mal dans cette aventure mais sa santé psychologique va s’en trouver fortement affectée.

Quelques années plus tard, en 1799, plusieurs familles missionnaires les rejoignent et ils s’installent tous à Serampore, un comptoir danois qui leur permet de contourner les réticences de l’administration coloniale britannique à l’égard des évangélistes. Avec William Ward et Joshua Marshman, ils vont former ce qui sera appelé le « trio de Serampore » : trois missionnaires zélés et complémentaires qui vont implanter durablement l’Évangile aux Indes.

Si la traduction de la Bible en différents dialectes est leur principale préoccupation, William Carey va rapidement se rendre compte que ce travail doit forcément s’accompagner d’une lutte contre l’analphabétisme. Multiples et variées, nombre de leurs activités vont concerner le social. Ainsi, ils ont pu créer des coopératives agricoles, une léproserie ou encore la première caisse d’épargne du pays pour aider les plus démunis à sortir de l’endettement.

L’apport de William Carey va aussi être important pour l’abolition de certaines pratiques culturelles cruelles. En effet, il va militer ardemment pour que cessent les infanticides et plus encore la terrible coutume du sati qui veut qu’une veuve se jette vivante dans le bûcher crématoire de son époux. Le vaste ministère de William Carey a fait date, dans l’histoire de l’Inde mais aussi de l’Église, et si l’homme décède en 1834, il est aujourd’hui considéré comme le « père des Missions modernes » !

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Répondant au mandat missionnaire laissé par Jésus, le ministère de William Carey aux Indes va durer 41 ans sans même qu’il ne rentre à un moment en Angleterre. L’héritage qu’il laisse derrière lui est impressionnant mais le rapport qu’il entretient à la culture étrangère est tout particulièrement intéressant. Autodidacte, William Carey est devenu un spécialiste des langues et coutumes indiennes et il est d’ailleurs reconnu comme tel par les gens du pays. Toutefois, s’il respecte profondément cette culture, il n’a pas manqué d’en critiquer parfois les aspects malsains et contraires à l’Évangile.

Sources :

BARNAUD Jean, William Carey : le pionnier des missions modernes (1761-1834), Société des missions évangéliques, 1935.

BLANDENIER Jacques, L’essor des Missions protestantes : précis d’histoire des Missions volume 2, Éditions de l’Institut Biblique & Éditions Emmaüs, 2003.

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