Portrait [1/25] : William Wilberforce (1759-1833)

Histoire – Chaque semaine, découvrez une personnalité chrétienne engagée dans l’action sociale et en quoi son récit a encore à nous apprendre aujourd’hui !

William Wilberforce. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, il fut célèbre en son temps et la trace qu’il a laissée dans l’histoire est importante. Considéré comme l’un des abolitionnistes britanniques les plus connus, cet homme est également l’un des rares évangéliques à avoir su s’imposer dans le difficile milieu de la politique.

***

William Wilberforce est né en 1759 dans une famille relativement prospère de la classe moyenne. Son père décédant alors qu’il n’a que 9 ans, il est envoyé vivre à Wimbledon chez un oncle et une tante. Ceux-ci fréquentent le mouvement méthodiste, tout nouveau à l’époque, et c’est à leur contact qu’il va connaître un premier intérêt pour la foi chrétienne. Seulement, sa mère et son grand-père, tous deux anglicans, s’inquiètent quelque peu de cette influence et ils décident finalement de le faire revenir.

William Wilberforce poursuit sa scolarité et il intègre à 17 ans le collège Saint Jean à Cambridge. C’est là qu’il se lie d’amitié avec William Pitt qui l’encourage à se lancer en politique et qui deviendra par la suite le plus jeune premier ministre britannique. À cette même période, les décès successifs de son grand-père et de son oncle le placent à la tête d’une petite fortune et il va progressivement se désintéresser des études.

Ambitieux et influencé par son ami William Pitt, William Wilberforce embrasse très tôt une carrière politique. À peine est-il âgé de 21 ans qu’il est déjà élu à la Chambre des Communes. Pourtant, c’est véritablement 5 ans plus tard, en 1785, que sa vie connaît un profond tournant. C’est en effet à cette période, à la suite d’un cheminement personnel qui le conduira à travers l’Europe, que William Wilberforce va se convertir et rejoindre le courant méthodiste.

Devenu profondément croyant, sa vie en est bouleversée au point qu’il hésite à quitter le milieu de la politique. Mais sa rencontre avec le pasteur anglican John Newton, ancien capitaine négrier et auteur du célèbre chant « Amazing Grace », va le convaincre de rester au Parlement pour y servir Dieu.

Dans cette optique, William Wilberforce va désormais chercher à traduire ses nouvelles convictions religieuses au moyen de la politique et il va tout particulièrement s’orienter vers les questions sociales. S’intéressant à différents sujets, c’est finalement l’abolition de la traite négrière et de l’esclavage qui va devenir le combat de sa vie.

Année après année, il dépose des propositions de lois abolitionnistes devant la Chambre des Communes. À chaque fois, celles-ci sont malheureusement rejetées mais William Wilberforce ne se décourage pas. Et sa persévérance finit par payer ! Le 25 mars 1807, l’acte d’abolition de la traite des Noirs est voté.

Il s’agit là d’une première victoire importante mais le combat n’en est pas fini pour autant car, par cette loi, seul le commerce des esclaves est aboli. Avec l’âge et la maladie, William Wilberforce doit se mettre un peu en retrait mais il reste toujours actif par ses écrits. C’est en 1833 que le Parlement britannique finit par adopter une loi d’émancipation générale des Noirs. Comme un symbole, seulement trois jours après, William Wilberforce décède.

***

Convaincu du bien-fondé de son combat, William Wilberforce impressionne par la persévérance dont il a fait preuve. Malgré l’opposition virulente, c’est dans la Bible et dans la prière qu’il a puisé la force nécessaire pour aller de l’avant. Dans sa dernière lettre avant de mourir, John Wesley, le fondateur du méthodisme, lui a laissé comme encouragement le verset de Romains 8.31 que nous pouvons aussi nous approprier pour nous-mêmes :

« Si Dieu est pour nous, qui se lèvera contre nous ? »

Sources :

DESARZENS Gabrielle, Figures évangéliques de résistance, Dossier Vivre n°35, 2013, p.115-122.

Bannière portraits

2 comments

  • Pourrais-je recevoir les autres portraits svp… merci beaucoup!

    • Bonjour. Je vous remercie pour l’intérêt porté à ces portraits. Ceux-ci sont diffusés à un rythme hebdomadaire (chaque jeudi) sur ce blog. Il ne nous est donc pas possible de vous les envoyer mais vous pouvez suivre leur diffusion en suivant ce blog ou les réseaux sociaux du SEL. Nicolas

Participez à la discussion

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *