Agir face à la pauvreté : en raison de qui est Dieu [1/4]

Finalement, en tant que chrétiens, pourquoi lutter contre la pauvreté ? Voici une série de 4 articles qui donneront différents éléments de réponse.

En tant que chrétiens, pourquoi devrions-nous agir face à la pauvreté ? En une série de 4 articles, nous chercherons à regrouper quelques-unes des principales réponses possibles à cette question :

  • Nous agissons face à la pauvreté à cause de ce que nous croyons de Dieu (cet article)
  • Nous agissons face à la pauvreté à cause de ce que nous croyons concernant les humains (à lire ici)
  • Nous agissons face à la pauvreté pour répondre au commandement de l’amour du prochain (à lire ici)
  • Nous agissons face à la pauvreté parce que nous sommes des disciples de Jésus (à lire ici)

Ces réponses s’inspirent d’un passage de la Déclaration de Lausanne (§ 5).

Une objection pour commencer

Pourquoi agir face à la pauvreté ? Pour certaines personnes, la question ne se pose même pas : s’il y a des pauvres il faut agir et c’est tout. À moins d’être totalement sans cœur, il n’est pas possible de rester insensible à la situation de ceux qui manquent du nécessaire ou sont victimes d’injustices. Ce n’est pas humain de ne rien faire en faveur des pauvres quand on a la possibilité d’agir.

Ce sentiment spontané a sa valeur. Il est vrai que les gens qui agissent « avec leurs tripes » font souvent avancer les choses.

Mais si les sentiments peuvent être bons, il faut éviter de s’en tenir aux sentiments ! Nos réactions naturelles sont parfois bonnes, parfois mauvaises, souvent mélangées. Et surtout nous n’avons pas tous les mêmes réactions ou alors nous ne tirons pas tous les mêmes conséquences pratiques de nos réactions. Cela nous oblige à réfléchir, à débattre avec ceux qui pensent différemment de nous et pour cela à chercher les raisons d’agir face à la pauvreté devient nécessaire.

Nous agissons face à la pauvreté à cause de ce que nous croyons de Dieu

Le Psaume 145 décrit le Dieu de la Bible. Il nous montre qui Dieu est et comment il agit dans le monde. On peut notamment relever deux grandes vérités concernant Dieu :

  • Dieu est bon.

« L’Éternel est bon envers tous, et ses compassions (s’étendent) sur toutes ses œuvres. » (Psaume 145.9)

La bonté de Dieu s’étend sur toute sa création. Après le déluge, Dieu établit son alliance avec Noé et ses fils, mais aussi avec les animaux et même avec la terre (Genèse 9.9-13). Il donne un cadre stable où la vie est possible (Genèse 8.22), fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et fait pleuvoir sur les justes et les injustes (Matthieu 5.45). Il donne aux humains les pluies et les saisons fertiles, les comble de nourriture et de bonheur dans le cœur (Actes 14.17).

Dieu manifeste sa bonté en prenant soin de sa création et en particulier des humains, même de ceux qui lui tournent le dos ou nient son existence – et il ne s’intéresse pas uniquement à nos besoins « spirituels ». Mais c’est bien sûr par Jésus que Dieu a suprêmement révélé sa bonté et son amour pour le monde. Quand nous fixons le regard de notre foi sur la personne et l’œuvre de Jésus nous pouvons dire avec certitude que Dieu est vraiment bon.

  • Dieu est juste

« L’Éternel est juste dans toutes ses voies et bienveillant dans toutes ses œuvres. » (Psaume 145.17)

Dieu est le juge de toute la terre (Genèse 18.25). Il rend à chacun selon ses actes (Psaume 62.13) et ne « reçoit pas de présent », c’est-à-dire qu’on ne peut pas acheter son jugement avec un pot-de-vin (Deutéronome 10.17). Si pendant un temps de graves injustices peuvent se commettre dans le monde qu’il a créé, nous ne devons pas en conclure qu’il y est indifférent, mais au contraire qu’un jour de jugement viendra où Dieu fera rentrer toutes choses dans l’ordre (Ecclésiaste 3.16-17).

C’est encore en Jésus que Dieu manifeste suprêmement sa justice, tout en justifiant (= en déclarant juste) le pécheur qui met sa foi en Jésus (cf. Romains 3.26).

Refléter la bonté et la justice de Dieu

Croire que Dieu est bon et juste nous conduit à la louange. Mais une louange authentique se traduit et se prolonge dans une vie transformée. Nous sommes appelés à refléter la bonté de Dieu et sa justice : être miséricordieux comme notre Père est miséricordieux (Luc 6.36), pratiquer la justice en référence au Seigneur qui est juste (1 Jean 3.7). Les prophètes de l’Ancien Testament critiquaient fortement les situations dans lesquelles un culte formellement impeccable était joint à une vie où l’amour du prochain n’avait pas sa place et où l’injustice sociale était flagrante (cf. Ésaïe 1.10-15 ; 58.1-5 ; Amos 5.21-24…).

Nous sommes appelés à refléter la bonté et la justice de Dieu dans tous les domaines de notre vie : personnelle, familiale, professionnelle… mais aussi sociale. Nos relations avec ceux qui vivent dans la pauvreté représentent un lieu privilégié pour pratiquer la justice et aimer la miséricorde. Quand nous manifestons de la bonté dans des situations de détresse ou que nous cherchons à remettre un peu de justice là où elle fait cruellement défaut nous manifestons quelque chose du Dieu qui aime sa création et qui s’est révélé en Jésus-Christ.

Pourquoi agir face à la pauvreté ? Parce que le Dieu en qui nous croyons est bon et juste et que l’une des manières dont nous exprimons notre foi en ces attributs qui sont les siens consiste à les refléter dans notre comportement avec ceux qui, humainement parlant, sont les plus abandonnés. C’est aussi par notre intermédiaire que Dieu veut leur montrer sa bonté et sa justice. Sommes-nous prêts à le faire ?

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