Idée reçue n°2 – « La rareté de l’eau entrave le développement »

Chaque semaine, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas !

Tout au long de l’année, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas ! Chaque jeudi matin, retrouvez ici cette chronique radio réalisée en collaboration avec Radio Arc-en-Ciel.

Cliquez sur le bouton de lecture ci-dessous pour écouter la chronique de la semaine :
Gwladys (Radio Arc-en-Ciel) : La planète bleue, c’est ainsi que l’on surnomme notre jolie Terre puisque près de 70 % de sa surface est recouverte d’eau. Mais alors, comment se fait-il qu’on puisse en manquer ?

Nicolas (SEL) : L’eau est effectivement l’une des ressources les plus abondantes sur la Terre mais seulement moins de 1 % des disponibilités totales sont utilisables de façon fiable pour la consommation humaine. En effet, presque la totalité des réserves d’eau de la planète sont salines et donc impropres à la consommation.

Alors finalement, le peu d’eau douce disponible est précieuse et pour bien d’autres raisons…

Oui. En plus de cela, de nombreux autres facteurs poussent à faire de l’eau douce une ressource rare. Parmi d’autres, on peut citer le réchauffement climatique, la pression démographique ou encore la consommation croissante induite par l’augmentation des revenus par habitant…

C’est ce qui fait dire finalement à certains que « la richesse d’une nation commence par sa ressource en eau », c’est juste ?

Ça n’est pas si simple. Si ce type d’affirmation était vrai, cela signifierait que les pays les moins développés dans le monde devraient se situer en zone aride. Ce qui est loin d’être toujours le cas. Et si la réciproque était exacte elle-aussi, les pays aux ressources en eau très abondantes devraient être les plus riches. Ce qui n’est – là encore – pas tout à fait le cas non plus. Il faut rester prudent.

Pourtant, si une nation manque d’eau, il semble logique qu’elle ait plus de difficulté pour se développer…

Évidemment, la rareté de l’eau créée des difficultés pour un pays, on ne va pas le nier. Néanmoins, en termes de développement, le manque d’eau n’handicape véritablement que le développement de l’agriculture via l’irrigation. C’est déjà important bien sûr mais la rareté de l’eau n’est pas en soi un facteur limitant du développement ; ni son abondance un ferment décisif.

D’ailleurs, certains exemples le montrent puisque des pays développés se trouvent en zone aride…

Oui. On peut penser aux pays à forte rente pétrolière comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar qui s’en sortent très bien malgré une quantité annuelle de précipitations très faible. D’autres pays encore, comme Israël, ne bénéficient pas de la manne pétrolière mais rivalisent d’ingéniosité pour exceller dans la gestion de l’eau. Un dernier facteur encore peut être le tourisme qui a aussi souvent permis à des États peu dotés en eau de se développer.

A l’inverse, certains pays peuvent bénéficier de ressources en eau importantes mais rester malheureusement très pauvres.

Oui c’est vrai. On peut penser au Congo, à Madagascar ou encore au Mozambique par exemple. Et certains de ces États sont pourtant bien dotés en ressources naturelles, en eau et en minerais. Il n’y a qu’à voir la République démocratique du Congo…

Alors finalement, que peut-on conclure sur ce sujet de l’eau ?

On peut conclure que les facteurs du développement sont multiples et que les ressources en eau n’y prennent qu’une part accessoire ! En fait, il faudrait plutôt retourner le problème. C’est grâce au développement qu’on fait face à la rareté de l’eau et ça n’est pas la rareté de l’eau qui entrave le développement.

Pour aller plus loin : Jean Margat, Idées reçues sur l’eau, Le Cavalier Bleu, 2008.

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2 comments

  • Merci pources informations !

    Parcontre le tic tac en fond de l’enregistrement est veaucoup tepp fort, il est difficile de se concentrer pour tout écouter

    • Bonjour Cécile,

      ravi que la chronique vous plaise.
      Pour le tic tac, nous faisons remonter votre suggestion. Merci.

      A bientôt,

      Ling-en

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