Sur la route du puits…

Au Burkina Faso, comme dans la plupart des pays du Sud, les mères et leurs filles ont la lourde responsabilité d’approvisionner en eau leur famille.

Paru dans le SEL Informations et rédigé par Véronique Lavoué, directrice des projets de développement du SEL.

Au bord de la route nationale qui mène au Mali, nous nous arrêtons à Sabce Boussouma où un forage a été aménagé avec le soutien du SEL.
Les villageois présents nous expliquent : « l’eau s’est rapprochée ! »

Plusieurs femmes ont même aménagé un petit potager clos tout près du forage, ce qui leur permet d’avoir les « condiments » pour la sauce du jour. Quel contraste quand je visite quelques jours plus tard le village de Boaboagra, au Nord-Est de Ouagadougou ! Sur la piste, nous avons croisé dans la brume du matin, une maman, avec une charrette tirée par un âne, ramenant quelques fûts remplis d’eau.
Partie la veille au soir, elle a passé la nuit près du puits au bord du barrage, afin d’être la première à puiser au matin. Dans son village, en saison sèche, tous les puits sont à sec et elle s’en va courageusement 2 à 3 fois par semaine chercher l’eau dont sa famille a besoin. Que d’heures passées sur la route ou au bord du puits, à attendre, puis à puiser… Elle y va souvent avec l’une de ses filles. On est là bien loin de l’image bucolique de la femme portant fièrement une cruche sur la tête dans un paysage ensoleillé.
En saison des pluies, dans son village, il y a de l’eau dans les puits peu profonds creusés par sa famille. Mais l’eau devient très vite sale puis se raréfie. Le nombre de maladies diarrhéiques est très important. Cela est accentué par le fait qu’il n’y a aucune latrine dans le village.
Les filles participent très tôt à cette tâche éreintante qui consiste à chercher l’eau pour la famille. Cela les éloigne peu à peu de l’école. Pour celles qui y sont encore à l’âge de la puberté, l’absence de latrines au sein de l’école, permettant aux jeunes filles un minimum d’intimité pendant la période des règles, les
chasse de l’école une semaine par mois, puis définitivement parce qu’elles perdent le fil. Elles deviennent, malgré elles, des candidates au mariage et aux grossesses précoces. Notre partenaire dans cette région, l’ASEFU, va contribuer à l’installation de 100 latrines familiales, et d’un bloc de latrines au sein de l’école de Poli. Plusieurs forages vont être réhabilités.

La santé de nombreuses personnes sera améliorée, des jeunes filles resteront à l’école, des mamans passeront moins d’heures pour chercher l’eau, elles auront plus de temps pour cultiver leur champ, mener leurs activités génératrices de revenus, ou prendre soin de leurs enfants : plusieurs familles verront leur quotidien transformé !

Pour découvrir et soutenir les projets d’eau et assainissement du SEL, rendez-vous sur notre site en cliquant ici.

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