« Travailler dans un tel hôpital, c’est une vocation ! »

La santé, cela ne va pas de soi. Surtout dans les pays en développement où les moyens semblent tant faire défaut. Nous avons rencontré le Dr. Osée Ndilta, directeur de l’Hôpital Évangélique de Koyom, partenaire du SEL au Tchad. Il répond à nos questions.

SEL : Pour quelles raisons l’accès aux soins est si difficile dans les pays en développement ?

Dr. Osée Ndilta : Il y en a au moins deux :

  • Géographique : environ 20 % du territoire n’a ni centre de santé ni hôpital. Et, quand il y en a, ces structures sont souvent éloignées. Les habitants doivent parcourir 15-20 km à pieds pour y parvenir. C’est un problème quand on est malade…
  • Financière : au Tchad, 60 % de la population n’a pas mis un pied dans une structure de santé en 1 an. Ce n’est pas parce qu’ils ne sont pas malades. C’est surtout parce qu’ils n’ont pas les moyens. Les gens se disent : « Si je n’ai rien, ce n’est pas la peine d’y aller ».

Quels manques constatez-vous dans les centres de santé ?

Il y a un vrai manque de personnel de santé qualifié. Au Tchad, il y a 1 médecin pour plus de 80 000 habitants. Or, selon les normes de l’OMS il faudrait qu’il y en ait un pour 10 000 habitants.

Mais il y a aussi le manque de :

  • matériel
  • médicaments
  • moyens des malades pour réaliser des examens aidant au diagnostic.

Comment remédier à toutes ces difficultés ?

Il faut former la relève ! Des infirmiers, des aides infirmiers, des aides sages-femmes… Pour avoir du personnel qualifié, en nombre suffisant.
Nous faisons aussi régulièrement des campagnes de prévention dans les villages pour la lutte contre le VIH/sida et le paludisme, l’espacement des naissances. Les campagnes ont lieu à l’hôpital mais aussi au sein de la communauté, grâce aux animateurs ruraux.

Des animateurs ruraux… ?

Ce sont des bénévoles choisis au sein de la communauté que l’on forme aux techniques d’animation et de sensibilisation. De village en village, ils apportent des formations de base. Grâce à eux, certaines personnes accèdent aux services de soins.

Qu’est-ce que ça change d’avoir un centre de santé chrétien ?

D’un point de vue technique rien du tout. La différence existe dans notre façon de vivre l’Évangile, l’accueil des patients avec amour et la qualité des soins, réalisés avec compassion.

La prière a également une place stratégique. Deux fois par semaine, des temps de prière collective sont organisés. En parallèle, un aumônier passe auprès de tous les patients pour prier pour eux. Enfin, on prie avant chaque opération.

Un mot de conclusion ?

L’Église n’a pas oublié son rôle : être une lumière d’espérance dans ce monde. Cette mission est au sein de nos activités sanitaires : vivre cette bonne nouvelle avec ceux qui viennent se faire soigner.

Nous sommes bien conscients que la santé dépend de la volonté de Dieu. On a beaucoup de connaissances mais on prie. Et Dieu nous utilise simplement pour faire rayonner son amour.

Soutenez les projets Santé du SEL et prenez part à ce combat en aidant concrètement nos partenaires chrétiens locaux.

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