Un regard renouvelé

Le monde que Sophia a toujours connu est un monde de pauvreté et de restrictions. Aujourd’hui, grâce aux adultes bienveillants qui l’entourent, elle apprend à considérer l’avenir avec un nouveau regard.

Entre rêves et réalité

Sophia a six ans et comme beaucoup de petites filles de son âge elle rêve de licornes et d’arcs-en-ciel. Pourtant, son quotidien est bien moins coloré. La fillette vit avec sa mère, sa petite sœur et sa grand-mère dans une communauté rurale où il n’y a aucune opportunité de travail. Pour subvenir à leurs besoins, elles ne bénéficient que d’une faible aide gouvernementale ainsi que de la maigre retraite de l’aïeule. Lorsqu’on lui demande ce qu’elle souhaite faire plus tard, Sophia répond sans hésiter qu’elle veut être docteur. Non par passion mais parce que pour elle, c’est le seul métier qui lui rapportera l’argent nécessaire pour prendre soin de sa famille. « Mon plus grand rêve c’est de voir mes filles accomplir tout ce que je n’ai jamais pu faire », partage Milena, la mère de Sophia. Après s’être laissée entraîner par de mauvaises influences, la jeune fille tombe enceinte à 17 ans et doit abandonner ses études. « A cause de ces erreurs, je peine à élever mes enfants. Aujourd’hui, je souhaite bâtir un avenir meilleur pour mes filles et pour moi », nous confie la jeune mère.  

Un lieu de bénédictions  

De bonnes influences et des sources d’inspiration, voilà ce que Sophia trouve dans le centre d’accueil de son quartier. Là, on l’encourage à développer ses dons et à oser rêver grand, plus grand encore que ses arcs-en-ciel qu’elle aime tant. L’enfant adore se rendre au centre. « Chaque fois que ma fille revient, elle est surexcitée en me racontant ce qu’elle a découvert et fait pendant la journée », se réjouit Milena. Il suffit de l’entendre en parler pour comprendre : « J’aime discuter avec mes tatas (bénévoles du centre), jouer au ballon avec mes amis et dessiner. Je sais déjà écrire mon prénom ! », claironne la petite fille, « j’aime la nourriture du centre, elle est délicieuse. Les plats que je préfère sont les pâtes, le riz et la soupe. Je suis très, très triste de ne pas pouvoir y aller à cause de la pandémie. Ça me manque beaucoup. » 

Ecrire pour inspirer 

Les bénévoles ne sont toutefois pas les seuls à encourager les enfants. Ces derniers reçoivent également des lettres de leur parrain. Malheureusement, pendant plus de deux ans, Sophia n’a pas été parrainée et a manqué beaucoup de belles choses. Car oui, ces échanges représentent bien plus que de simples lettres. Ce sont de nouvelles perspectives qui s’ouvrent, des horizons qui s’élargissent, d’infinies possibilités qui se dessinent. Ces enfants comprennent que leur choix d’avenir n’est pas seulement limité à devenir docteur ou joueur de football. Ils peuvent également rêver de devenir peintres, photographes, pilotes, et bien plus encore. Ce futur cesse d’être un privilège réservé à certains pour devenir une réalité accessible à chacun.  

Aujourd’hui Sophia a enfin la chance d’avoir un parrain pour qui elle peut dessiner et à qui elle peut raconter sa vie au centre. Plus important encore, elle a aujourd’hui dans sa vie une autre personne qui se soucie d’elle et qui l’encourage à rêver sans limites. 

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