Idée reçue n°13 – « Le nombre de personnes vivant avec le VIH diminue dans le monde. »

Chaque semaine, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas !

Tout au long de l’année, le SEL décrypte une idée reçue sur le développement et la pauvreté. Ce que vous pensiez évident… ne l’est peut-être pas ! Chaque jeudi matin, retrouvez ici cette chronique radio réalisée en collaboration avec Radio Arc-en-Ciel.

Cliquez sur le bouton de lecture ci-dessous pour écouter la chronique de la semaine :

Gwladys (Radio Arc-en-Ciel) : On va commencer cette chronique aujourd’hui par un petit point de vocabulaire. De quoi parle-t-on quand on parle de VIH, de sida ? Est-ce que ces deux termes sont équivalents ?

Nicolas (SEL) : La distinction entre les deux termes est importante. Le virus de l’immunodéficience humaine – dont on connait mieux l’acronyme VIH – est un rétrovirus qui s’attaque aux cellules du système immunitaire et qui les détruit ou les rend inefficaces. Aux premiers stades de l’infection, la personne ne présente pas de symptômes. Cependant, l’évolution de l’infection entraîne un affaiblissement du système immunitaire et une vulnérabilité accrue aux infections opportunistes. Le sida – pour syndrome d’immunodéficience acquise – correspond alors au dernier stade de l’infection à VIH. Il peut se déclarer au bout de 10 à 15 ans.

Aujourd’hui, en 2015, quel est l’état des lieux précis de la propagation du VIH ?

Globalement, les résultats sont plutôt positifs et encourageants. Avec l’objectif du millénaire pour le développement n°6, les Nations unies s’étaient fixées l’objectif d’enrayer la propagation du VIH d’ici 2015. Or, les derniers chiffres annoncés font état de réels progrès. Au plan mondial, les nouvelles infections au VIH ont ainsi chuté de près de 40 % entre 2000 et 2013, passant, selon les estimations, de 3,5 à 2,1 millions de cas.

Des bons résultats qui sont encourageants. Mais il reste cependant de grandes disparités entre les différentes régions du monde. On pense par exemple à l’Afrique où il y a encore beaucoup à faire.

L’Afrique est effectivement la région du monde la plus touchée mais pour autant c’est là que l’on constate le plus net recul de la propagation du VIH. Même si tous les pays africains ne peuvent évidemment pas se féliciter des mêmes avancées, les progrès réalisés sont colossaux. En Afrique australe, on constate ainsi une diminution de près de 50 % du nombre de personnes nouvellement infectées. Alors que dans le même temps, la propagation du VIH a pu continuer à progresser légèrement dans certains pays développés.

Les progrès sont encourageants même s’il faut préciser que le sida est une maladie dont on ne peut pas guérir. A entendre ces chiffres encourageants sur la propagation, on peut donc en conclure que le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida dans le monde a dû baisser.

Pas tout à fait. On est confronté à un certain paradoxe en fait. S’il est vrai que la propagation du VIH diminue depuis quelques années, le nombre de personnes vivant avec le VIH/sida continue quant à lui de progresser. Au plan mondial, on estime que 35 millions de personnes vivaient toujours avec le VIH en 2013. Cette augmentation elle est, à certains égards, positive car elle s’explique en grande partie par le fait qu’il y a un meilleur dépistage et que davantage de personnes vivent plus longtemps grâce à la plus grande disponibilité du traitement antirétroviral.

Il y a donc de moins en moins de décès qui sont liés au sida ?

Les décès dus au sida ont effectivement montré une tendance à la baisse, avec environ 1,5 million de décès dus à des maladies liées au sida en 2013. Cela représente une diminution de 35 % depuis le pic de 2,4 millions de décès enregistré en 2005. Seulement, cette observation ne semble pas valable pour toutes les classes d’âge. Les décès dus au sida n’ont ainsi pas diminué chez les adolescents de 10 à 19 ans. Cela peut être dû au manque d’accès au dépistage et au traitement pour cette population.

La propagation du VIH/sida a nettement baissé. De moins en moins de personnes sont nouvellement atteintes. Mais paradoxalement les malades du sida sont toujours plus nombreux car aucun traitement ne permet de guérir de cette maladie.

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