Pérou : visite d’un centre d’accueil pour enfants parrainés

Une journée inoubliable pour Christophe Hahling, pasteur en France. Découvrez le récit de sa rencontre avec des enfants parrainés au Pérou.

Christophe Hahling, pasteur de la Fédération baptiste et membre du comité de pilotage du Défi Michée, s’est rendu au Pérou en septembre dernier. Il en a profité pour se rendre à un centre Compassion (partenaire du SEL pour le parrainage d’enfants), se trouvant dans un bidonville au nord-est de Lima.

Voici le récit de sa visite.

9h : Accueil chaleureux

Arrivée devant la porte du centre « Iglesia de Dios de Belen » (Eglise de Dieu de Belen, en français).

Ouverture de la porte et… une centaine d’enfants, avec des petits drapeaux français, musique péruvienne joyeuse dans les haut-parleurs, qui m’accueillent et chantent, en me faisant une haie d’honneur !

On me fait rentrer dans l’église juste en face, tout le monde s’assoit, une jeune fille (parrainée par une famille française) interprète une danse typique du pays.

Je suis ému, les larmes coulent presque de mes yeux. On me souhaite la bienvenue (d’abord la jeune fille, puis la directrice du centre, puis le pasteur de l’église). On fait jouer la Marseillaise, puis tout le monde chante, debout, l’hymne national péruvien. D’autres enfants interprètent des chants, des danses et une pièce de théâtre.

On me remercie encore d’être venu, et la petite cérémonie est finie, mais je demande à prendre la parole afin de remercier très chaleureusement mes hôtes. Je leur dis à quel point je suis touché par un tel accueil. Je les salue de la part de la France, et je leur souhaite la bénédiction de Dieu sur eux et sur leur travail.

Entrée centre compassion 455

J’ai ensuite l’occasion de parler un peu avec les deux jeunes adolescents (un garçon et une fille) parrainés par des familles en France, qui sont l’un et l’autre extrêmement reconnaissants pour le soutien qu’ils reçoivent. Lui fait une formation en relations internationales, elle en comptabilité. Ils ont l’air bien, heureux, intelligents, et avec une grande foi en Dieu.

10h : Visite du centre

On me fait visiter tout le centre comme les salles de classe servant à l’enseignement biblique. Chaque fois la classe se lève quand je viens, la monitrice m’explique leur programme, leur vision, et me montre leurs travaux manuels. Les enfants récitent un verset biblique, et on me demande de prier avec et pour eux, ce que je fais volontiers.

Classe d'enfants 3
Puis je visite la cuisine, salue les trois sœurs dévouées à cette tâche, je vois la salle pour le repas de midi, la petite serre où ils font pousser eux-mêmes toutes sortes de fruits et légumes, le terrain de jeux, les sanitaires…
Ils me montrent une peinture sur le mur du côté de l’église, qui représente les différents pays d’où viennent les parrains.

Pays provenance parrainage

11h : Visite d’une famille

On me dit ensuite qu’il faut aller visiter un petit garçon parrainé, chez lui. Nous nous y rendons à pied; c’est juste derrière le centre : un vrai bidonville sur une colline, des « maisons » avec toit en tôle, pas d’électricité ni d’eau, une seule pièce. Une pauvreté extrême.

Je suis touché dans mes tripes : comment est-ce possible de vivre dans de telles conditions ?

Le petit garçon de 8 ans est là, chez lui, avec son petit frère de 6 ans (on me dit que ce serait bien qu’il puisse lui aussi un jour être parrainé ; d’ailleurs, il a l’air bien triste), le grand frère de 15 ans (qui n’ose pas venir nous saluer) et l’autre frère de 12 ans est actuellement au centre. La maman est au travail, il n’y a apparemment pas de papa.

Comme le dit mon ami Pierre Lachat dans son chant « L’enfant d’Haïti » par rapport au parrainage : « J’ai beau avoir la télé, je ne pensais pas que c’était possible de connaître autant de pauvreté et d’appeler ça vivre. »

Nous leur laissons un panier rempli de nourriture (que Compassion Pérou a acheté de la part du SEL) et on me demande de prier pour ces petits garçons. Oui, Jésus les aime, et il a aussi un plan pour eux.

Enfant parrainé au Pérou

 

12h : Retour au centre

De retour au centre, nous mangeons ensemble un très bon repas (préparé par les cuisinières). Nous parlons de différents sujets comme la situation au Pérou et la violence dans certains quartiers. Un homme d’une trentaine d’années est aussi avec nous (c’est lui qui s’était occupé de la sonorisation en arrivant), c’est aussi un ancien enfant parrainé, il a une situation en ville, c’est encourageant.

Et ils me posent des questions sur la situation en France, l’église, etc. Je leur raconte comment est l’église dont je suis le pasteur (150 personnes présentes au culte, issues d’une vingtaine de nationalités), également mon ministère d’aumônier de prison (et la conversion récente d’un ancien détenu qui a été baptisé). Je leur dis que les problèmes des gens chez nous sont parfois l’alcoolisme, la drogue, la solitude, la dépression, et qu’il y a aussi des pauvres qui vivent dans la rue, de même que des réfugiés.

Nous sommes unis sur le fait que le Seigneur peut changer les cœurs et les vies, nous sommes « sur la même longueur d’ondes ». Le pasteur me dit qu’il a plus de 70 ans, mais il est prêt à continuer à servir le Seigneur tant qu’il en a la force. D’ailleurs, en passant à pied pour visiter le petit garçon dans le bidonville, on m’avait dit où habitait le pasteur : une « maison » presque comme les autres, sauf qu’elle a des vitres. Quelle humilité ce pasteur ! Quelle consécration !

Maison du pasteur

14h : Bureau des responsables

Une dernière étape dans le bureau des responsables. La personne en charge des relations avec les parrains me montre son travail : quand et comment les parrains envoient de l’argent pour un cadeau, la rédaction des lettres, etc.

Puis la responsable pédagogique me rappelle les 4 aspects de développement pris en compte chez chaque enfant à travers le parrainage :

  • matériel et physique,
  • spirituel,
  • psychologique,
  • et cognitif.

Chaque enfant est suivi régulièrement à travers ce schéma.

Vient ensuite la comptable qui me montre en quoi consiste son travail (avec un logiciel informatique à l’appui) qui doit être rigoureux. J’ai aussi l’occasion d’échanger avec la directrice du centre. A ce point de ma visite, un mot me revient : sérieux ! Oui, quel sérieux, dans la gestion de chacun de ces enfants, quelle application, quel suivi !

Avec tout le personnel 1

Je leur demande si elles sont bien payées et elles me disent qu’elles pourraient gagner 10 fois plus dans un travail « séculier », mais qu’elles ont toutes décidé de se consacrer aux enfants et au Seigneur, et que cela est une récompense bien plus grande. Deux des responsables me disent aussi comment elles ont l’une et l’autre été gravement malades, que le Seigneur les a complètement guéries, et qu’elles ont ensuite décidé de servir le Seigneur de cette façon. Pour l’une d’elles, son mari l’a quittée quand elle est venue travailler à Compassion.

Je pose des questions sur le choix des enfants qui sont parrainés et on m’explique que ce n’est pas toujours facile, et qu’il y a aussi le conseil de l’église qui donne son avis. En effet, ce centre est étroitement lié à l’église, c’est vraiment un travail main dans la main avec elle. On me demande alors de prier pour elles, ce que je fais bien volontiers.

16h : Au revoir

Et avant la fin de cette journée, on me donne plein de cadeaux :

  • des bricolages faits par les enfants,
  • une écharpe pour ma femme et une pour moi,
  • des tableaux,
  • bibelots,
  • carnets…

J’en suis presque gêné, mais je les remercie chaleureusement en leur disant encore une fois à quel point j’ai été touché de leur accueil, de leur amour pour le Seigneur, et du sérieux de leur travail. Enfin, nous faisons des photos, nous nous embrassons et nous nous disons au revoir.
Le chauffeur et mon interprète me raccompagnent en voiture jusqu’à Miraflores, dans les bouchons dont Lima est spécialiste, il est environ 17h30.

Pour résumer et conclure, six mots :

  • Amour (pour Dieu, pour les enfants)
  • Consécration (car ces gens se donnent totalement à leur ministère pour le Seigneur)
  • Pauvreté (des conditions de vie)
  • Sérieux (et professionnalisme dans le suivi des enfants)
  • Joie (car cet espace en est rempli comme les enfants peuvent en témoigner avec leur sourire)
  • Espoir (car on voit le résultat : des enfants s’en sortent, trouvent une situation, et suivent le Seigneur ; alléluia !).

En tant que parrain, vous aussi vous pouvez visiter un centre d’accueil, l’enfant que vous parrainez et sa famille. Pour plus d’informations, rendez-vous sur notre site internet et écrivez-nous à parrainage@selfrance.org et demandez Jillie.

2 comments

  • J’ai eu l’occasion avec mon épouse de faire un voyage de 15 jours dans ce magnifique pays qu’est le Perou.
    C’était un voyage touristique organisé par le Comité d’entreprise de ma Société, donc dans un cadre et des objectifs différents du reportage que je viens de lire. Mais dans cet autre contexte je retrouve beaucoup des impressions peuple attachant,attaché à leur terre, respectueux, et malgré des conditions de vie souvent difficiles, une certaine joie de vie surtout chez les enfants;

    Claude

    • Bonjour Claude,

      en 15 jours, vous avez certainement pu voir beaucoup de choses en effet. Qu’est-ce que vous avez le plus aimé au Pérou ?

      Ling-en

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