Des adolescentes parrainées et pleines d’assurance

Les jeunes filles parrainées dans les Centres de Développement de l’Enfant (CDE), partenaires du SEL, sont encouragées à s’assumer et à avoir une pleine confiance en leurs capacités. Ainsi, elles peuvent non seulement devenir les actrices principales de leur vie, mais aussi impacter celle des personnes qui les entourent. Rencontrez quatre adolescentes parrainées qui poursuivent leurs rêves, et ce, malgré les obstacles qui se dressent parfois devant elles.

Un message d’Abigail du Mexique 

Au sein de ma communauté, les filles ne s’autorisent pas beaucoup à rêver. Cela est notamment dû à ces trois réalités : les familles ont souvent peu de moyens, il y a peu d’offres d’emploi et la mentalité selon laquelle la femme est faite pour se marier et rester à la maison est très présente. Heureusement, pour moi c’est différent. Grâce au programme de parrainage, j’ai réussi à me libérer de toutes ces barrières. Aujourd’hui, je suis impatiente de voir les rêves que Dieu a mis dans mon cœur se réaliser et je travaille dur pour cela. 

Avant tout, j’aimerais finaliser mon apprentissage du métier d’infirmière pour, ensuite, pouvoir m’inscrire à l’université, afin de me spécialiser en pédiatrie. Je voudrais aussi continuer à œuvrer auprès du groupe des enfants du CDE[1] dans lequel je suis inscrite, et commencer à m’investir auprès du groupe de jeunes. 

Je suis reconnaissante envers Dieu, mes parents et le personnel de mon CDE car, grâce à eux, j’ai découvert que j’ai de la valeur en tant qu’enfant de Dieu. Je m’autorise à rêver en grand et je me sens soutenue et capable de servir les autres avec les talents que Dieu m’a donnés. 

Un message d’Annet en Bolivie

Dieu m’a faite spéciale, Il m’a créée courageuse, Dieu m’a remplie de force : Dieu a fait de moi une fille. Ce serait génial si toutes les filles pouvaient y croire ! Mais malheureusement, dans notre société, les filles ne sont pas autorisées à faire, à porter ou à manger ce qu’elles veulent… Qu’elles soient à l’école, entre amis ou même en famille, elles sont constamment confrontées à des restrictions et interdictions qui affectent leur estime de soi. Régulièrement, dans les journaux, on lit même des cas de féminicides, d’infanticides et d’agressions sexuelles. Cela est très inquiétant, alors nous devons faire quelque chose. Il est important d’être compatissant envers les femmes victimes de violence et de discrimination. Prendre conscience de sa valeur permet d’avoir de l’assurance et de ne pas avoir peur de dire ce que l’on pense. Moi, je me sens bien quand je peux exprimer mon ressenti sans crainte et quand je ne me sens pas obligée de rester dans mon coin. 

J’ai appris tout cela à la maison. Mon père nous a toujours enseigné à mettre Dieu à la première place dans nos vies et à croire en notre capacité à atteindre nos objectifs. Au CDE, j’ai aussi appris que ma condition de fille ne faisait pas de moi quelqu’un de moins important. 

C’est pourquoi, aujourd’hui, je m’essaie à plusieurs activités, et quand j’entreprends quelque chose, je donne le meilleur de moi-même. Cela fait d’ailleurs 7 ans que j’ai commencé le taekwondo et j’ai récemment remporté une médaille d’or lors d’un championnat. 

Après l’obtention de mon diplôme, je compte me spécialiser en psychiatrie. Ainsi, je pourrais aider les autres. Il est important de se soutenir les uns les autres et de se rappeler que notre Créateur a déposé des talents en nous et du potentiel. 

Un message de Cindi au Bangladesh 

Un soir, alors qu’il rentrait du bureau, papa tomba par terre en descendant du bus. Nous pensions qu’il avait perdu connaissance à cause de ses problèmes de tension. Mais après ça, il recommença à rigoler avec nous, comme à son habitude. A aucun moment nous pensions qu’il courait un quelconque danger. Le matin suivant, en essayant de se lever du lit, papa tomba à nouveau. Le verdict du docteur tombait : « Votre père est paralysé de tout son côté droit. » Sans hésitation, Ronan, mon grand frère, se porta volontaire pour arrêter l’école afin de faire des petits boulots pour soutenir la famille. Puis un jour, maman se mit à tousser du sang. Le docteur secoua la tête de désarroi et dit : « Diana a un cancer buccal. » J’étais dévastée, le sol semblait s’effondrer sous mes pieds. J’ai à mon tour arrêté l’école pour prendre soin de ma famille. Je ne pouvais plus participer aux activités du CDE, mais les membres du personnel du Centre m’appelaient régulièrement. Ils priaient pour moi et me rendaient visite. 

Malgré tous nos efforts, maman nous a quittés au milieu de la pandémie, en juin 2020. Dans l’année qui suivit son décès, papa aussi s’en est allé. Je ne suis pas sûre d’avoir les mots pour expliquer l’impact que tout cela a eu sur moi. 

Quand je repense à tout ce qui s’est passé, je suis triste. Mais je suis aussi reconnaissante pour le soutien que j’ai reçu et je suis heureuse de pouvoir, maintenant, servir à mon tour. Aujourd’hui, je suis tutrice au sein même de mon ancien Centre qui m’est si cher et m’a vu grandir. Je suis fière d’enseigner aux enfants et de les encourager dans leur quotidien, tout comme je l’ai moi-même été. 

Un message d’Emelyne au Rwanda 

J’ai 14 ans, je suis Rwandaise et je suis fière d’être une jeune femme du 21e siècle. 

A chaque fois que je parle avec ma maman, elle m’encourage à croire en mes rêves, car j’ai la chance d’être née dans une région où les filles peuvent aller à l’école, avoir une carrière et aider leur famille, leur communité et leur pays. 

Ici, au Rwanda, les femmes reçoivent beaucoup d’encouragements. Et pour cela, je suis fière de mon pays. Saviez-vous que nous sommes le seul pays d’Afrique à compter plus de femmes au Parlement que d’hommes ? Plus de 64% des parlementaires sont des femmes. Je crois que c’est grâce à cela que les lois votées de nos jours sont plus inclusives que celles du temps où ma maman était plus jeune. A son époque, par exemple, les femmes ne pouvaient pas hériter d’une propriété. 

Ma mère n’a pas eu la chance d’aller à l’école comme moi. Elle dit qu’à son époque, à 14 ans, les filles étaient mariées et que seuls les garçons pouvaient être scolarisés.  

Alors que je n’avais que 4 ans, mon père est décédé. C’est donc ma mère et le CDE qui ont pris soin de moi. Mon plus grand rêve est de devenir journaliste. En travaillant, je pourrais soulager ma maman de ce fardeau qu’elle porte depuis que papa est parti. 

Aujourd’hui, je peux fièrement dire que j’ai confiance en moi. Ma prière pour chaque fille sur terre est qu’elle ait accès à l’éducation, qu’elle soit en bonne santé et protégée. Il y a beaucoup de choses qu’une fille peut faire et qui rendraient fier n’importe qui. Soutenons les jeunes filles, afin qu’elles puissent réaliser leurs rêves. Sans le soutien de la communauté, nous restons limitées. Avec le soutien du groupe, nous irons de l’avant ! 

Pour aller plus loin 

De nombreuses jeunes filles en Asie, en Afrique et en Amérique Latine attendent la marraine ou le parrain qui changera leur quotidien et les encouragera à rêver en grand. Pour en savoir plus sur le parrainage d’enfants avec le SEL, rendez-vous sur notre site internet, onglet Parrainage

Note

[1] Centre de Développement de l’Enfant.

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