Qu’est-ce que « faire le bien » ?

En 2018, nous souhaitons mettre l’accent sur l’expression « Faire le bien ». Pourquoi ? Pour encourager tous les chrétiens qui se mobilisent face à la pauvreté. A première vue, cette thématique paraît toute simple : elle peut ne pas retenir notre attention. Pourtant, elle recèle des vérités très importantes sur ce que Dieu attend de nous en général et envers ceux qui vivent dans la pauvreté en particulier.

image faire le bien d'après la bible

« Faire le bien » commence sans doute par ne pas faire le mal, mais cela va plus loin : c’est se montrer solidaire, aider, aimer, poser des actes concrets en faveur des autres, être généreux avec son argent et son temps, ou en donnant de soi-même. On voit tout de suite que « faire le bien » a une application privilégiée au domaine de l’action face à la pauvreté.

Faire le bien : qu’en dit la Bible ?

C’est dans sa Parole que Dieu nous montre le plus explicitement ce que « faire le bien » veut dire. En s’appuyant sur la parole de Jésus (cf. Matthieu 22.34-40), on peut résumer en disant que « faire le bien » pour la Bible, c’est aimer Dieu et son prochain.

Jésus lui-même nous montre par ses paroles, ses actes et tout ce qu’il est ce que « faire le bien » signifie. Les hommes et les femmes de Dieu dont nous parlent la Bible et l’histoire de l’Église reflètent quelque chose de Jésus et nous apprennent aussi ce que « faire le bien » veut dire. C’est bien sûr aussi le cas des chrétiens vivant aujourd’hui. La communauté chrétienne est censée être le lieu par excellence où se manifeste le sens de l’expression « faire le bien ».

Faire le bien : une réponse à la grâce

Ce qui fait la caractéristique de la manière chrétienne de faire le bien, c’est qu’il s’agit d’une réponse à la grâce de Dieu. En son Fils, Dieu se révèle comme le Dieu de la grâce : Jésus allait de lieu en lieu en faisant le bien (cf. Actes 10.38). Il est venu mourir et ressusciter pour le salut de quiconque croit en lui. Il promet le repos de leur âme et la vie éternelle à tous ceux qui viennent à lui (cf. Matthieu 11.28 ; Jean 3.16). Ceux qui lui appartiennent peuvent dire avec le Psalmiste : « Mon âme retourne à ton repos, car l’Éternel t’a fait du bien. » (Psaume 116.7)

C’est parce que Dieu lui a fait du bien que le chrétien cherche à faire le bien ; c’est par reconnaissance envers Dieu qu’il voudra aussi « bien le faire ». Notre action chrétienne dans un monde en détresse doit se vivre au sein du repos que le Christ donne au « pauvre en esprit » (cf. Matthieu 5.3), incapable d’apporter quoi que ce soit à Dieu en échange de sa grâce, et à qui Jésus a fait du bien.

C’est dans cette logique que Jésus rassure ses disciples, leur dit d’être sans crainte car le Père leur a donné le Royaume comme un cadeau et ensuite leur parle de vendre ce qu’ils possèdent et de le donner en aumône (Luc 12.32-33). C’est dans le repos de celui qui sait que Dieu prend soin de lui que peut éclore un « faire le bien » qui aura une valeur significative et dont les pauvres pourront aussi bénéficier.

Dans Luc 14, au cours d’un festin tenu dans un contexte socialement prestigieux, Jésus exhorte à inviter des pauvres, des estropiés, des boiteux et des aveugles, c’est-à-dire à investir dans des relations qui socialement ne rapportent rien. Le Seigneur enchaîne en présentant la grâce de Dieu comme l’invitation à un festin adressée à des pauvres, des estropiés, des boiteux et des aveugles (verset 21), employant les quatre mêmes mots. Si l’on s’est reconnu comme démuni et secouru par le Dieu qui nous a fait du bien, cela ne doit-il pas nous inciter à sortir d’une manière de vivre caractérisée exclusivement par le « donnant donnant », la recherche de rentabilité ou des considérations portant sur le mérite ?

Face à la pauvreté, qu’attend Dieu de moi en pratique ?

Face à la pauvreté, on peut dire que tous – ou presque tous – nous sommes appelés à faire quelque chose. C’est à l’ensemble de ses disciples que Jésus donne un enseignement sur l’aumône dans le sermon sur la montagne (cf. Matthieu 6.1-4). Les nombreux passages du livre des Proverbes qui parlent du pauvre (voir par exemple Proverbes 14.31 ou 22.9) nous indiquent que nous sommes censés faire de la place pour le pauvre d’une manière ou d’une autre dans notre vie.

Il y a là une responsabilité que Dieu nous confie et chacun de nous pourrait prendre le temps de réfléchir à la manière dont il peut l’exercer. Il suffit peut-être simplement de regarder ce dont nous disposons et les possibilités qui sont à portée de notre main pour donner (de notre argent, de notre temps, de notre personne) à des personnes en situations de pauvreté. Il y a sûrement au moins une chose que nous pouvons faire – et d’ailleurs nous le faisons peut-être même déjà !

Si nous sommes appelés à rechercher le bien du prochain qui est placé sur notre chemin, nous devrions aussi nous soucier du bien commun de la société humaine. Chacun de nous peut se poser des questions comme :

Comment est-ce que je contribue à la vie du monde et de la société dans lesquels Dieu m’a placé ?
Est-ce que mes actes contribuent à ce qu’il y ait plus de partage, plus de solidarité, plus de respect de la dignité humaine, de meilleures conditions de vie pour plus de personnes ou au contraire à ce qu’il y ait moins de toutes ces choses ?

Pour y répondre, voici quelques suggestions :

Se tenir informé des situations qui concernent les populations en situation de pauvreté en France ou dans les pays en développement ;
Réfléchir et adapter ses choix de consommation, par exemple en commençant par éviter la surconsommation et le gaspillage ou en achetant des produits issus du commerce équitable, etc. ;
Prendre en compte les questions de pauvreté au moment de voter ;
Écrire à son député sur des questions en lien avec le développement ou la pauvreté ;
Prier pour le bien de la société humaine.
« Faire le bien » : il y a là tout un programme ! En théorie, les possibilités de faire le bien sont quasiment infinies, mais c’est au sein du repos donné par la grâce de Dieu que nous pouvons faire tous nos efforts pour rechercher toujours le bien, soit entre nous, soit envers tous. Quand nous le ferons, nous nous rendrons compte qu’il existe une grande diversité de manières de faire le bien.

Mais toujours le bien prendra la forme de l’amour ; toujours il contribuera, même très modestement, à un bien commun ; toujours il sera une réponse à la grâce de Dieu.

« Faire le bien et bien le faire » est le thème de la Journée du SEL 2018 : vous souhaitez en savoir plus ? Lisez cet article. Vous pouvez aussi vous inscrire directement sur le site de la Journée du SEL. 

4 comments

  • Faire du bien…c’est pas faire du mal à autrui …or l’occidental à cause du profit n’arrête pas de faire du mal et tente en plus de se faire passer pour le meilleur …….il excelle…car il détourne la vérité et le bien .

  • je suis sensibilisée à toute cette dimension ayant bénéficié de la grâce de Dieu, et à certaine époque de la grâce de Dieu manifestée à travers des frères.
    ayant été amenée à créer une association pour venir en aide à des situations d urgence et plus concrétement à une dizaine de familles à Madagascar.
    je ne comprends pas qu ayant relayé le cyclone à Madagascar pendant le culte personne ne m a interpelée ( peut être ont ils fait un don directement à SEL?).
    une dame âgée a fait don de noix ,j essaie de vendre les 10 paquets de 500g à 2€ sans succés, ni pour mes confitures à 3€;notre communauté est trés vivante et engagée dans l église.
    je dois lutter pour la paix du Seigneur…

    • Merci pour votre réaction. « Faire le bien » n’est pas forcément évident et c’est sans doute pour cela que nous trouvons dans la Bible l’encouragement suivant : « Ne nous lassons pas de faire le bien ; car nous moissonnerons au temps convenable, si nous ne nous relâchons pas. » (Galates 6.9)

  • Le Bien et le Mal et la Loi morale
    Si la physiologie nous montre ce qu’est le mécanisme de nos organes, si la psychologie nous apprend quelles sont nos facultés mentales et sentimentales, la morale nous enseigne l’usage que nous devons en faire.
    La physiologie nous dit ce que nous pouvons, la psychologie ce que nous faisons, la morale ce que nous devons.
    On peut la définir ainsi : « C’est l’ensemble des règles qui doivent guider la libre activité de l’homme. »
    Ces règles doivent être basées sur les vérités éternelles ; elles doivent reposer sur les principes mêmes qui ont créé la vie et dirigé l’évolution humaine. Sans cela ce n’est pas la morale.
    Ces principes étant partout les mêmes, sur notre terre, tous les hommes doivent être soumis aux mêmes règles de conduite puisqu’ils sont soumis aux mêmes lois physiologiques. Donc, la morale doit être une, elle doit être universelle comme les vérités premières qui doivent être l’origine et la fin de tous les devoirs de la vie.
    L’histoire nous montre, en effet, que les préceptes de morale, observés chez tous les peuples de la terre, reposent sur un fond commun d’idées.
    Le code du devoir a toujours été à peu près le même. La pensée souveraine qui a traversé tous les âges et qui semble être née spontanément dans toutes les parties du monde, est l’écho des lois immuables qui gouvernent la nature humaine.
    Les vérités morales, nécessaires à la vie sociale de l’humanité, ne sont le privilège d’aucun temps, d’aucun peuple, d’aucun individu. Partout la conscience humaine est soumise aux mêmes lois et se développe dans la même direction.
    Il ne doit y avoir qu’une morale, comme il ne doit y avoir qu’une science.
    La morale universelle, unie à la science universelle doit devenir la Religion suprême, celle qui dirigera tous les peuples, qui régnera dans toutes les nations.
    Mais les causes premières sur lesquelles se base la loi morale échappent à l’entendement actuel de l’humanité.
    Elles sont à l’origine de la vie sociale, comme les causes qui ont dirigé l’évolution des êtres sont à l’origine de la substance organisée.
    L’idée que nous avons d’une loi morale n’a pas son origine dans notre moi actuel, nous l’apportons en naissant, c’est un lot de l’héritage ancestral. Nous pressentons les lois de l’ordre moral, nous les proclamons et nous nous y soumettons avant de les comprendre : C’est un phénomène d’atavisme. Nous pouvons même dire que, dans l’état actuel de l’esprit humain, les causes n’en sont plus du tout comprises.
    Et, cependant, il semble qu’une voix intérieure révèle à l’homme la différence qui existe entre le bien et le mal, le juste et l’injuste. Mais la cause de ces différences lui échappe.
    C’est un flambeau que les générations se passent de mains en mains sans que personne ne songe à demander qui a allumé ce flambeau, où, quand et pourquoi….
    Les causes morales doivent être cherchées dans les principes mêmes qui ont créé la vie et dirigé l’évolution puisqu’elles sont inhérentes à la nature humaine. Mais il faut savoir quel est le rapport qui peut exister entre ces principes et les actions des hommes ; pourquoi la nature humaine est organisée de telle sorte qu’en suivant ses impulsions l’homme ne va pas toujours vers le bien ? Quelle signification on doit donner au mot bien et au mot mal, quel est le but que l’homme doit chercher à atteindre, en un mot, qu’est-ce que la perfection morale ?
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/le-bien-et-le-mal.html
    Cordialement.

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