Le parrainage : une réponse à la pauvreté des enfants

En 2020, à la suite des conséquences de la pandémie de Covid-19, le taux mondial d’extrême pauvreté a augmenté pour la première fois en une vingtaine d’années. Les enfants, particulièrement vulnérables, sont malheureusement les premières victimes de cette situation désastreuse. Pour les protéger et les défendre, de nombreuses initiatives sont prises. L’une d’elles, le parrainage, est une réelle source de bienfaits pour les enfants et leurs communautés.

5 millions, c’est le nombre de décès des enfants de moins de 5 ans en 2020[1]. Ce chiffre alarmant met en exergue l’existence de défis majeurs auxquels font face les plus jeunes, en particulier dans les régions les plus pauvres du monde. 

Quand survivre relève du défi… 

Le manque de nourriture tant dans sa dimension quantitative que qualitative, voici la première cause de ces décès selon l’Organisation Mondiale de la santé (OMS). Elle estime en effet que la sous-nutrition est la cause de 2,7 millions d’entre eux[2].  

Mais la survie des enfants et des jeunes ne se réduit pas à leur alimentation. L’accès aux soins est également crucial. Pourtant, en 2019, la tuberculose, maladie pouvant aujourd’hui être soignée, reste la première cause de décès chez les adolescents de 15 à 19 ans en Afrique de l’Ouest et Centrale et en Asie du Sud[3], faute de soins et d’accès aux médicaments. Le manque d’accès à l’eau propre et potable rend également les enfants plus vulnérables. L’UNICEF estime que d’ici 20 ans, près de 600 millions d’enfants manqueront d’eau[4].  

La pauvreté, un frein au bon développement 

L’insuffisance des ressources au niveau alimentaire, nutritionnel ou sanitaire ne mène pas systématiquement à la mort mais affecte toujours négativement la vie d’un enfant. Le récent rapport de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)[5] révèle qu’en 2020, 149,2 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient touchés par un retard de croissance. Parmi eux, plus de neufs enfants sur dix se trouvaient en Afrique ou en Asie. 

L’accès à l’éducation est également nécessaire au bon développement d’un enfant. C’est aussi un outil précieux dans la lutte contre la pauvreté. Malheureusement, dans les pays les plus pauvres, à la sortie de l’école primaire, plus de 50% des enfants de 10 ans ne savent pas lire ou comprendre une histoire simple[6]. Et toutes ces données devraient s’aggraver du fait de la pandémie de Covid-19. 

Des actions rapides et ponctuelles 

Afin de faire face à ces défis immenses et multiples, de nombreuses initiatives sont mises en place pour protéger les enfants et subvenir à leurs besoins. Certaines d’entre elles sont des mesures d’urgence destinées à aider pour un temps. Parmi elles, la distribution du Plumpy’Nut, aliment thérapeutique utilisé pour lutter contre la sous-nutrition infantile, d’autres formes de nourriture, d’eau potable, de vêtements ou de fournitures scolaires mais également la dispensation de médicaments et de soins. 

Construire dans la durée 

Mais lutter contre la pauvreté ne se fait pas seulement dans l’urgence ; s’attaquer à ses fondements nécessite du temps. Bâtir des infrastructures manquantes dans les pays les plus pauvres, tels que des établissements de santé, des écoles, des puits ou des latrines permet aux enfants de bénéficier d’un accès plus direct aux soins médicaux et à l’éducation mais également d’avoir une meilleure hygiène de vie. La création de cantines scolaires réduit quant à elle les charges des foyers et incite les parents à envoyer leurs enfants à l’école. Dans la durée, ces derniers sont en meilleure santé et mieux disposés à étudier ! 

Enfin, sensibiliser est un élément essentiel dans la transformation d’une communauté. Informés, parents et enfants peuvent adopter de bonnes pratiques. Des campagnes de sensibilisation sur les bienfaits de l’allaitement, sur l’hygiène des mains ou menstruelle sont par exemple mises en place.  

Le parrainage, une approche holistique 

C’est également dans le but de délivrer les enfants de la pauvreté et de favoriser le développement de chacun d’entre eux que Compassion a construit son modèle du parrainage. Apportant soutien scolaire, médical, alimentaire mais aussi spirituel et relationnel, le parrainage se démarque par son approche holistique. En effet, si l’origine de la pauvreté ne peut être réduite à un unique facteur, lutter contre celle-ci implique de se battre sur plusieurs fronts. Ainsi, en plus des différentes aides apportées, la relation de l’enfant avec le personnel du centre et avec sa marraine ou son parrain sont des points essentiels. À travers les échanges qu’il entretient avec les adultes l’enfant se construit. Ils peuvent le motiver dans ses études, le valoriser malgré ses souffrances ou ses faiblesses, lui montrer qu’on tient à lui ou le soutenir dans les moments difficiles. Encouragé et considéré, l’enfant peut se sentir aimé et capable. 

Pouvoir rêver et se réaliser 

Pour permettre aux enfants de prendre conscience et d’exploiter tout leur potentiel, Compassion cherche également à faire tomber les barrières que les enfants peuvent parfois eux-mêmes élever. Car en plus des contraintes contextuelles, un état d’esprit ou des croyances erronées peuvent aussi les empêcher de sortir de la pauvreté. En effet, les enfants ont bien souvent pour seul horizon, les conditions dans lesquelles ils ont grandi. La mère de Salama cassait des cailloux alors la petite fille s’imaginait faire cela une fois adulte. Mais grâce au parrainage, elle a pu voir plus loin, plus grand et souhaite aujourd’hui devenir professeur. À partir de douze ans, les enfants sont invités à remplir un document, “mon projet pour demain” sur lequel ils inscrivent leurs objectifs et leurs rêves. Ainsi, chacun apprend qu’il peut faire des projets et les réaliser.  

Un enfant, une famille, une communauté transformés ! 

Si les enfants sont les premiers bénéficiaires du parrainage, ce ne sont pas les seuls ! Par exemple, offrir à l’enfant un animal destiné à l’élevage, grâce aux dons financiers des parrains, procurera un revenu à la famille entière. De plus, l’enfant partage ce qu’il reçoit. Des notions d’hygiène aux enseignements chrétiens, en passant par les lettres de son parrain, tout est susceptible d’être communiqué aux familles et aux amis. Et quand la situation change pour un nombre significatif de familles, la probabilité est grande que la communauté suive. Enfin, ces enfants peuvent, une fois adultes, devenir des agents de changements dans leur communauté ou même plus loin. C’est le cas de Collins : ancien parrainé, il a pu par la suite financer les études de ses frères et sœurs plus jeunes. Étudiant la science des plantes, il aspire à travailler dans une organisation internationale pour aider à assurer la sécurité alimentaire et financière de petits agriculteurs comme ceux de sa communauté. 

Vous n’imaginez pas tout ce que le parrainage peut apporter ! Source de bienfaits multiples pour l’enfant, sa famille et sa communauté, il peut également se révéler bénéfique aux marraines et aux parrains. En effet, ces enfants ont beaucoup de choses à nous apprendre comme le contentement ou la joie de vivre, souligne Samuel Korgo, ancien directeur de centre de développement de l’enfant au Burkina Faso. 

Pour aller plus loin

Aidez un enfant à sortir de la pauvreté en parrainant dès maintenant sur le site du SEL.

Notes :

[1] Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Protéger les droits des enfants en temps de crises, Rapport annuel de l’UNICEF 2021, UNICEF, New York, mai 2022. [2] Organisation Mondiale de la Santé, Alimentation du nourrisson et du jeune enfant, 9 juin 2021, https://www.who.int/fr/news-room/fact-sheets/detail/infant-and-young-child-feeding. [3] Fonds des Nations Unies pour l’enfance, La Situation des enfants dans le monde 2021. Dans ma tête : Promouvoir, protéger et prendre en charge la santé mentale des enfants, UNICEF, New York, janvier 2022. [4] Fonds des Nations Unies pour l’Enfance, Pour chaque enfant, le droit d’avoir accès à l’eau potable, UNICEF, 3 mars 2021, https://www.unicef.fr/article/pour-chaque-enfant-le-droit-d-avoir-acces-l-eau-potable. [5] Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Rapport sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde 2021, https://www.fao.org/3/cb4474fr/cb4474fr.pdf. [6] Fonds des Nations Unies pour l’enfance, Protéger les droits des enfants en temps de crises, Rapport annuel de l’UNICEF 2021, UNICEF, New York, mai 2022..

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