Plus petits donc plus vulnérables : stop !

Petits, dépendants pour leurs besoins de base, fragiles, vivant parfois avec un handicap, les enfants sont tout particulièrement vulnérables. Et donc plus facilement exposés à la maltraitance, aux violences, à la perte de la dignité. Mais leur histoire ne s’arrête pas là.

Issu d’une famille éclatée, Kamel[1] a été élevé par sa grand-mère puis confié à un marabout[2] dans un daara[3], au Sénégal. Ils y étaient environ quarante enfants talibés.

Tôt le matin, ils apprenaient le Coran, puis accomplissaient des travaux domestiques. Le marabout ne demandait pas d’argent à leur famille mais les enfants étaient contraints d’aller mendier de la nourriture ou de l’argent dans les maisons, les restaurants ou les marchés. S’ils n’apprenaient pas bien ou ne faisaient pas ce qu’on leur demandait, ils étaient punis ou battus.

Ne supportant plus ces sévices corporels, Kamel fugua et finit par intégrer un groupe d’enfants de la rue. Ensemble ils sillonnaient les rues pour mendier ou, pire, voler pour survivre.

Être vulnérable : c’est quoi ?

L’histoire de Kamel n’est malheureusement pas isolée. Comme lui, beaucoup d’enfants dans le monde se retrouvent, dès leur plus jeune âge, dans des situations diverses de fragilité.

Le degré de vulnérabilité est lié à plusieurs facteurs, et en tout premier, l’âge. En effet, plus un être humain est jeune, plus il dépend d’autrui, un adulte le plus souvent.

Pour Fabienne Brugère, philosophe française, toute personne, en raison de son interdépendance à autrui, est en réalité vulnérable.

« L’Ethique du care » (Que sais-je, 2017)

Par exemple, le nourrisson naît notamment avec le besoin d’être nourri. Ne pas y répondre correctement reviendra à renforcer sa vulnérabilité. Il en va de même pour les autres besoins qui se développent avec l’âge.

La question devient donc problématique quand les adultes, censés prendre soin des plus jeunes, sont défaillants pour différentes raisons.

Quelles perspectives alors pour ces enfants, particulièrement en Afrique subsaharienne ?

Des situations variées : lesquelles ?

  • Les orphelins : c’est la première situation à nous venir à l’esprit lorsque l’on pense vulnérabilité. De nombreux enfants sont orphelins de père et de mère ou vivent séparés de leurs parents biologiques. Souvent placés chez un tuteur ou parent proche, ils deviennent l’enfant de plus, parfois l’enfant de trop.
  • L’extrême pauvreté : le manque de moyens des familles pour subvenir à la scolarité de leurs enfants les poussent, généralement, à les retirer de l’école. Or, un enfant non scolarisé voit ses choix d’avenir réduits : à aider ses parents en travaillant, qu’importe son âge, ou à errer dans les rues, se retrouvant alors exposé à toutes sortes de dangers comme le trafic d’enfants ou des abus physiques et psychologiques.
  • Les enfants malades (vivant avec le sida en particulier) ou souffrant d’un handicap : dans certaines régions, la maladie et le handicap sont parfois associés à une malédiction sur la famille ; le porteur de la malédiction se voit rejeté. D’autre part, il peut arriver que le manque de moyens des parents pour soigner leur enfant les amène à le percevoir comme un fardeau, ou un sujet de honte. Dans ce cas, il sera peu considéré, voire négligé.

Quand la Covid-19 et autres crises s’en mêlent

Enfin, dans les circonstances actuelles liées à la Covid-19, nous aurions tort de négliger le rôle aggravant des situations de conflit et des crises humanitaires ou sanitaires sur la vulnérabilité des enfants.

Le manque d’accès à des ressources de base, telles l’eau et la nourriture, les expose d’autant plus à la maladie et à la malnutrition, en particulier dans les milieux pauvres.

Il va donc sans dire que la situation des enfants les plus vulnérables nécessite une attention toute particulière.

Protéger les enfants : comment ?

Pour les partenaires Ticket-Repas du SEL, ces enfants sont plus que les étiquettes qu’on leur a collées. Ils ne sont pas sourds, orphelins ou malades du sida, ils sont des enfants comme les autres.

Afin de les rendre moins vulnérables, ces chrétiens leur offrent un cadre sécurisant, avec du personnel bienveillant et à l’écoute.

École, cantine, centre de formation, maison d’accueil, orphelinat, sont autant de structures qu’ils mettent en place pour accueillir les enfants et les aider à s’épanouir.

L’aide alimentaire : la cerise sur le gâteau !

Quand les enfants mangent régulièrement, de manière nutritive et saine, on constate alors une véritable transformation :

  • Ils grandissent
  • Ils sont en meilleure santé,
  • Ils sont plus concentrés à l’école,
  • Ils ont plus d’énergie

Un bon repas, voilà la touche finale qui complète tout le processus.

Et Kamel ?

Son histoire ne s’est pas arrêtée dans la rue.

Il a pu être pris en charge par un de nos partenaires Ticket-Repas, au Sénégal. Grâce à ce centre d’accueil, il a pu rattraper son retard scolaire et souhaite étudier l’ingénierie électronique. Mais, pour lui, la meilleure chose qu’il a reçu auprès de ce partenaire, c’est sa rencontre avec Dieu.

Faire reculer la vulnérabilité des enfants, c’est un travail d’équipe. Nous sommes tous concernés et tous capables d’agir. Ensemble, continuons le combat dans l’assiette !


[1] Afin de protéger l’identité de ce bénéficiaire, nous avons changé son prénom | [2] Un maître coranique | [3] École coranique

2 comments

  • Bonjour a tous. Je suis tellement encouragée par ces témoignages comme celui de kamel
    Bravo pour votre engagement et votre obéissance au seigneur.
    Je parraine melaniia au Nicaragua et c’est une veritable source de joie pour moi notre relation a changer ma vie.
    Merci jesus d avoir permis au sel de m avoir confie cette petite fllle même si c est que pour une certaine periode.
    Soyez tous benis
    Murielle

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