Quelle est la responsabilité du chrétien par rapport à la création ?

Les questions environnementales représentent un enjeu majeur aujourd’hui. La vision chrétienne de la création met d’abord l’accent sur la générosité et la grâce de Dieu. Le reste en découle !

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Les questions environnementales représentent un enjeu majeur aujourd’hui. La vision chrétienne de la création met d’abord l’accent sur la générosité et la grâce de Dieu. Le reste en découle !

La terre, un cadeau de Dieu

Avant de nous parler de notre responsabilité par rapport à la création ou de ce que nous devons faire la Bible nous parle de l’œuvre de Dieu. Elle nous apprend à discerner le sens profond de ce que Dieu a fait : tout a été créé par lui, par sa Parole et par son Esprit, très bon (Genèse 1.31).

Plus encore : la terre est comme une sorte de cadeau fait aux humains ! Notre Créateur nous donne en effet toutes choses avec abondance pour que nous en jouissions (cf. 1 Timothée 6.17 et 4.4). Les deux premiers chapitres de la Genèse évoquent une situation dans laquelle les besoins humains sont largement satisfaits grâce à la générosité de Dieu.

Notre responsabilité par rapport à la création s’inscrit donc d’abord dans la reconnaissance envers notre Créateur. Il s’agira ainsi de mettre en valeur les ressources de la terre et leurs potentialités pour la gloire de Dieu et le bien du prochain. C’est ainsi qu’il faut entendre le mandat de remplir la terre et de la soumettre (Genèse 1.28). Il s’agit d’une tâche collective à laquelle chacun devra apporter sa contribution.

Le péché a rendu pénible l’accomplissement de ce mandat. Le travail de la terre devient difficile, frustrant et partiellement infructueux (cf. Genèse 3.17-19). On voit s’annoncer ici les mauvaises récoltes, voire les famines et certaines formes de pauvreté. Cependant, le mandat subsiste et Dieu continue à bénir la terre (cf. Genèse 8.21-9.17). Dieu est le Dieu qui n’a pas abandonné la terre, ni l’ensemble de la création.

Un regard spécifiquement chrétien sur la création

Ce qui est caractéristique d’une approche chrétienne de la responsabilité écologique, c’est d’abord… le salut par grâce ! Nous n’aspirons pas à nous sauver et la planète avec nous. Nous avons été sauvés pour que nous vivions pour Dieu à la suite de Jésus. C’est dans ce mouvement de reconnaissance pour la grâce reçue qu’il nous faudra chercher comment nous conduire envers la création.

Le Nouveau Testament fait aussi le lien entre le Christ et la création en affirmant que tout a été créé par lui et pour lui (cf. Colossiens 1.16) et qu’il soutient toute chose par sa parole puissante (cf. Hébreux 1.3). Plus encore : l’œuvre de rédemption et de réconciliation accomplie par Jésus concerne l’ensemble de la création, même si la libération que celle-ci implique n’est promise que pour le futur (cf. Colossiens 1.20 et Romains 8.19-21). Tout pouvoir a été donné à Jésus, le Seigneur, dans le ciel et sur la terre (cf. Matthieu 28.18).

Ces certitudes apportent au chrétien une motivation et une espérance uniques en matière de souci de la création. En effet, il sait que les aspects terrestres de son existence importent à son Seigneur et sont englobés dans sa vie de disciple du Christ. On peut aussi y appliquer l’exhortation de l’apôtre :

« Quoi que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant grâces par lui à Dieu le Père. »

(Colossiens 3.17)

Responsabilité envers la création et amour

Il vaut la peine de noter que quand Jésus a été interrogé sur le commandement principal de la loi, il a répondu en en donnant deux : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Il n’a pas ajouté un troisième commandement qui consisterait à aimer la création. Cela peut nous donner une indication précieuse sur l’approche chrétienne de notre responsabilité envers la création : ce qui rend les enjeux écologiques importants, c’est leur rapport avec Dieu et avec le prochain. Nous voulons glorifier le Créateur… et chercher le bien de notre prochain. Or ce sont souvent les plus pauvres qui souffrent le plus de la dégradation de l’environnement (lire par exemple à ce sujet les réflexions de Nicolas Fouquet sur le lien entre changements climatiques et pauvreté).

Que faire ? Nous arrêter ! Puis reprendre autrement

La Bible avertit que Dieu détruira ceux qui détruisent la terre (Apocalypse 11.18). Or nous savons que les modes de vie contemporains sont souvent faits de pollution, de gaspillage, de gestion irresponsable des ressources terrestres – avec des effets négatifs sur la création et aussi sur ceux qui vivent dans la pauvreté. Pouvons-nous y changer quelque chose ? Il y a beaucoup de sagesse à méditer dans la parole de Blaise Pascal :

« Quand tout se remue également, rien ne se remue en apparence, comme en un vaisseau. Quand tous vont vers le débordement, nul n’y semble aller. Celui qui s’arrête fait remarquer l’emportement des autres, comme un point fixe. »

(Pensées, n.383, ed. Brunschvicg.)

Les textes bibliques sur le sabbat et sur les années sabbatiques (cf. Lévitique 25.1-7) pourraient nous donner une première piste : et si nous avions toujours besoin d’apprendre à nous arrêter à intervalle régulier pour louer Dieu (pour son salut, mais aussi pour la création), pour laisser reposer la terre (consommer moins ?) et faire une place pour ceux et celles qui vivent dans la pauvreté ? Oui, le simple fait de s’arrêter est parfois une forme de témoignage.

Et peut-être qu’en prenant l’habitude de nous arrêter, nous serons aussi capables de reprendre notre route un peu différemment. Nous pourrons trouver d’autres actes positifs à poser pour une vie plus responsable face à la création que Dieu nous a confiée. Cela pourrait être par des gestes et des actions qui améliorent l’environnement ici au près. Et cela pourrait être en soutenant des actions qui associe le souci environnemental et le souci du développement au loin.

Pour aller plus loin

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