Changement climatique : « Cette situation complique énormément les efforts de lutte contre la pauvreté dans nos communautés. »

À l’occasion de la COP27, le SEL a sollicité plusieurs de ses partenaires locaux chrétiens pour qu’ils nous fassent part de leur regard sur les changements climatiques tels qu’ils les vivent et qu’ils nous disent quels types de mesures ils estiment nécessaire pour y faire face. Voici quelques-unes de leurs réponses.

Lorsqu’on interroge le Dr. Victor Gbedo, conseiller technique de l’ONG Bethesda, partenaire du SEL au Bénin, sur ce qu’il est possible d’observer du changement climatique dans son contexte, il répond en évoquant notamment les perturbations des calendriers agricoles avec la baisse des rendements, les perturbations des activités de pêche, ainsi que les inondations et sécheresses.

Jean Kpetere, de l’organisation chrétienne DEDRAS, un autre partenaire du SEL au Bénin, nous adresse des témoignages qui vont dans le même sens. Des inondations régulières depuis le début des années 2010 représentent une nouveauté et leurs conséquences sont désastreuses. Un agriculteur explique : « Mes enfants restent à la maison pendant deux mois sans aller à l’école parce que notre école est inondée chaque année. » Il doit constater la baisse du rendement de son champ : « Cela s’explique par l’engloutissement de mon champ par l’eau. » Et il ajoute que « la terre est devenue pauvre par l’ensablement et aussi la dévastation de mon champ chaque année ». Une agricultrice renchérit en parlant des maladies qui touchent les enfants pendant les inondations, notamment le paludisme. Elle aussi souligne la nouveauté de la situation : en quelques années, la production a baissé et la terre est devenue de plus en plus pauvre.

La nécessité de faire preuve de résilience dans des situations compliquées

En République démocratique du Congo, Marc Mputu, coordinateur des projets pour l’organisation GTAAR, dresse des constats qui vont dans la même direction. Il relève par exemple, à l’échelle de son pays, de fortes chaleurs et des pluies diluviennes, des perturbations du calendrier agricole et la montée et la baisse du niveau normal du fleuve Congo. Il attire aussi l’attention sur des mouvements migratoires, en particulier d’exode rural dû « aux conséquences de la sous productivité eco-systémiques, agricole et de l’insécurité alimentaire ».

Victor Gbedo le dit nettement : « Cette situation complique énormément les efforts de lutte contre la pauvreté dans nos communautés. Les réflexions continuent sur les mesures pour y faire face. Mais la démarche est orientée vers le renforcement des capacités de résilience des communautés. » Sur le terrain, les populations concernées, si elles avouent parfois ne pas connaître la cause des changements du climat qu’elles constatent comme une nouveauté ces dernières années, ont un avis sur la manière d’améliorer les choses de façon concrète au niveau local. Face à des inondations à répétition, réaliser des digues de protection pour ceinturer un village pourrait permettre de reconstituer les superficies dégradées.

La nécessité d’une réponse à tous les niveaux

Les partenaires du SEL sont conscients de la complexité du problème et de la nécessité d’y répondre à différents niveaux, aussi bien par des mesures locales concrètes que par des solutions plus globales :

« Oui, le public doit savoir que les causes et les effets des changements climatiques sont des problèmes qui nécessitent des solutions systémiques mondiales qui touchent à la fois des structures et institutions, un système de gouvernance transparent des interventions relatives à la lutte contre les changements climatiques… » explique Jean Kpetere.

Pour eux les COP sont des lieux où l’on peut faire entendre des messages pertinents. Marc Mputu souligne l’importance de rappeler et d’évaluer les résolutions des COP 21 et 26 et de « faire pression auprès des autorités » pour leur mise en œuvre.

Victor Gbedo nous confiait en amont de la rencontre en Égypte :

« La principale prise de position à laquelle nous participons actuellement en tant que représentant des Organisations de la Société Civile au sein du Conseil Economique et Social du Bénin et Président de la Commission Environnement et Développement, est la rédaction et la présentation à la COP 27, d’un document de plaidoyer intitulé Pour une action africaine face au dérèglement climatique, porté par l’Union des Conseils Economiques et Sociaux et Institutions similaires d’Afrique (UCESA). »

Pour aller plus loin

C’est en pensant au travail de nos partenaires que le SEL et A Rocha, avec le soutien du CNEF, ont écrit au Président de la République à l’occasion de la COP 27 et qu’ils appellent à se mobiliser dans la prière. Dans les pays du Sud, des organisations chrétiennes se mobilisent pour faire reculer la pauvreté en contexte de crise environnementale. Mobilisons-nous aussi à leurs côtés !

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